Invisible Man est la nouvelle adaptation du personnage crée par la plume de H.G Wells. Ce thriller d'épouvante mêlé au fantastique est le fruit du réalisateur Leigh Whannell derrière les films Upgrade (2018) et le chapitre 3 d'Insidious (2015) pour avoir joué aussi dans le film Saw (2004) premier du nom. Ce film vous plongera dans un état d'angoisse grâce à cette traque incessante qui maintient en haleine.
Cecilia Kass est la compagne d'un célèbre et riche scientifique violent et tyrannique. Voulant se défaire de son emprise, elle prend la fuite une nuit pour se réfugier chez un ami d'enfance. Mais quand soudain Cecilia apprend que son ancien compagnon s'est suicidé en lui léguant une énorme part de sa fortune, celle-ci commence à douter du présumé suicide et pense que l'homme n'est peut être pas mort. Par la suite Cecilia va vivre une série de phénomènes étranges menaçant sa vie et celle de ses proches. Et c'est désespérément que Cecilia tentera de prouver qu'elle est traquée par quelqu'un, quelque chose que personne ne peut voir...
Mais alors est-ce simplement l'état mental de Cecilia qui vacille ou autre chose que personne ne réalise ?
Le film arbore dès le départ son trait énigmatique : plan sur l'immense maison coupée de l'extérieur trônant sur la falaise, le générique du film se dissipant derrière des vagues, l'absence de dialogue, une bande sonore minimaliste, des couleurs ternes, etc. Si le film paraît lent au début, il sera par la suite bien plus affirmé et rythmé. Le film débute sur la fuite de Cecilia Kass de chez elle. La tension n'est pas très pesante au début car personne ne se doute de leur relation conflictuelle à ce moment là. Comme par hasard Cecilia se croyant tirée d'affaire active malencontreusement l'alarme de la voiture qui réveille alors son compagnon qui l'a pourchasse jusqu'à ce que la sœur de Cecilia vienne la secourir. Cette une scène d'introduction, le film démarre à l'annonce du suicide d'Adrian. Cette scène condamne Cecilia, la cible, dans cette traque incessante.
Le film prend cette tournure rythmé, malsaine et inquiétante. Les personnages évoluent étroitement, leurs liens entre eux se dégradent, la tension devient omniprésente, les personnages s'abandonnent et s'éloignent mutuellement. Que ça soit Cecilia avec tous les personnages, Emily Kass la sœur de Cecilia qui habite apparemment seule, James Lanier leur ami d'enfance qui passe la plupart de son temps au travail et Sidney Lanier, sa fille, qui reste seule à la maison sans trouver de figure maternelle et en ayant à peine de figure paternelle ; tous subissent une solitude personnelle malgré leur proximité.
Outre l'aspect thriller bel et bien retranscrit, il y a aussi l'aspect psychologique. En effet l'atmosphère du film réside aussi dans la torture psychologique qu'endure Cecilia. L'histoire est racontée sous deux angles, la partie exposée qui est l'intrigue qu'on nous dévoile mais aussi la partie immergée c'est-à-dire la quête psychologique de Cecilia. Cecilia en réalité est atteinte de névrose traumatique, on le voit car Cecilia se sent constamment en danger ou menacée à chaque instant comme on le voit là fois où elle tente de sortir de la maison de son ami et se cloître en panique dans la maison à l'approche d'un individu capuché. A partir de là Cecilia subie son calvaire de dépassement de soi dans le but d'éradiqué sa peur. Une peur qui va vite se transformer en force, en obsession. C'est d'ailleurs parce que ses proches ne comprennent pas Cecilia qu'on l'interne dans un hôpital psychiatrique. Le réalisateur ne joue pas qu'avec le psychisme du personnage mais aussi avec la perception du spectateur qui s'y verra lui aussi tiraillé entre réalité et illusion, à tel point que la conclusion tranche entre deux cohérentes et défendables interprétations différentes.
Le réalisateur adore parsemé son film de petits détails ce qui est en soi une manière de tenir un rythme afin de captiver le public avec intensité. En adoptant ainsi cette méthode de procéder, il exige un spectateur de film policier au passage qui se doit être attentif, observateur, actif. Il espère même susciter chez le spectateur la compréhension du dénouement avant la fin du film tout en faussant ses pistes, à l'allure d'un film policier sans pour autant tomber dans le film policier. Il reste bel et bien dans le thriller angoissant et fantastique grâce notamment à sa BO oppressante, terrifiante et angoissante signée Benjamin Wallfisch que vous reconnaîtrez sûrement dans des BO de films fantastique/d'épouvante (Ca : Chapitre 1 (2017) & 2 (2019), Hellboy (2019), Blade Runner 2049 (2017) ).
Le film se voulant à la fois être un thriller psychologique d'épouvante mais aussi agrémenté d'un soupçon de fantastique a réussi haut la main son pari. Même si les passages "supposés" de frayeur sont beaucoup trop ( je rigole pas) prévisibles et perdent alors de leur effet et même si certains personnages font un peu office de simples figurants il n'en reste pas moins un film dynamique et bon. Le rôle de Cecilia est magnifiquement interprété par l'actrice Elisabeth Moss, il vous rappellera sans doute le personnage d'Amy Dunne dans Gone Girl (2014) (si vous l'avez vu, sinon je vous presse d'aller le voir également). Ce thriller psychologique d'épouvante fantastique ( woah du premier coup) a le mérite d'avoir un scénario plausible et une intrigue unique qui tiennent la route. Il n'est pas non plus touché par la vague Hollywoodienne avec un trop plein d'effets spéciaux (un exemple concret = Michael Bay) ni non plus d'action totalement abusive. Il offre un vent de fraîcheur et de modernisme à la figure du roman éponyme de H.G Wells ''L'Homme Invisible" . L'homme invisible renaît de ses cendres pour notre plus grand bien, il remercie Leigh Whannell et nous aussi !!
Alexandre BRUNEL 1G2
