L'homme qui rit est une adaptation d'un livre de Victor Hugo par Jean-Pierre Améris.
Le héros, Gwyplaine, est un jeune homme qui, lors de son enfance, a été volontairement défiguré par un malfrat afin de le transformer en un monstre de foire (selon l'étymologie, le monstre est celui que l'on montre).
Ses lèvres sont déchirées de sorte que sa cicatrice inscrive sur son visage un large sourire indélébile. Ce garçon est recueilli en même temps qu'une jeune orpheline aveugle par un forain au grand coeur qui les élève dans la pauvreté et l'affection. Il monte un spectacle avec eux et le fait qu'il les "montre" ainsi n'est pas dans le film stigmatisé comme immoral. Gwynplaine n'est pas un monstre horrible et mal traité comme Eléphant man l'est dans le film éponyme. L'immoralité est portée toute entière par la noblesse : d'abord par le personnage de la duchesse (Josiane), qui éprouve un désir pervers pour Gwynplaine et veut l'ajouter à son tableau de chasse, puis par les membres du parlement qui rient pour couvrir le discours de notre héros qui entend dénoncer l'injustice sociale. Car Gwynplaine a été enlevé à la naissance et le hasard lui fait découvrir qu'il a des origines nobles. Il sera donc pris entre deux mondes, entre la vraie beauté, celle de Déa qui est toute innocence et pureté, et la beauté clinquante et trompeuse de la richesse.
Le film est une histoire romanesque en même temps qu'une critique sociale mais, peut-étre parce que je n'ai pas lu le livre, je l'ai trouvé très allusif : on a l'impression de glisser d'une scène à l'autre et de rester à la surface des personnages. Et l'opposition entre les gentils pauvres et les méchants riches paraît simpliste.
BARRY Thierno.