Petit rappel historique : nous sommes au XIXème siècle et les Etats Unis sont coupés en deux par la guerre de Sécession, qui oppose les Etats du Sud, esclavagistes et démocrates, aux Etats du Nord, républicains.
Le film trace le parcours du président Lincoln pour faire accepter le treizième amendement (pour l’abolition de l’esclavage) à la chambre des Représentants (équivalent de l’Assemblée Nationale) malgré les opposants démocrates. On est un peu perdu au début, avec cette affluence de noms de politiciens mais, peu à peu, la bataille complexe contre l’esclavage se clarifie. On suit donc le personnage de Lincoln en tant que politicien mais en tant que mari et père aussi.
J’ai été un peu déçue par la mise en scène assez banale : Spielberg fait ce qu’il sait faire, et il le fait bien, mais sans jamais donner au film les petites particularités qui feront qu’on se souviendra de son œuvre. La trame est très classique, et la musique de fond aussi. C’est avant tout un film fait par des américains pour des américains : même si on montre les côtés humains de Lincoln, on ne quitte jamais l’image déifiée qu’ils en ont. Je trouve dommage que Spielberg n’ait pas innové un peu pour les scènes de discussions politiques.
Mais si on prête moins attention aux facilités de mise en scène, beaucoup de choses positives ressortent de ce film : un très bon casting, des dialogues très travaillés qui donnent lieu à certaines scènes remarquables. Le personnage de Thaddeus Stevens (Tommy Lee Jones), ainsi que les scènes où Lincoln agit en tant que père ou en tant qu’homme sont pour moi la raison principale de la réussite du film.
On en apprend énormément sur l’histoire de cette guerre que nous, Européens, connaissons peu, et je pense que ce film est l’occasion idéale pour connaître les débuts chaotiques des Etats Unis.
En conclusion, si vous n’y allez pas pour le style, allez-y pour l’histoire et pour Tommy Lee Jones.
Edith Szafran
