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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Twelve Years a Slave

Publié le 12 Février 2014, 17:24pm

Twelve Years a Slave

Entre l’année dernière et cette année, ce ne sont pas les films portant sur l’esclavage / la traite des noirs / le racisme / la ségrégation, qui manquent au cinéma. Ainsi, après Django, le Majordome, Lincoln, Mandela etc…, paraît le 22 janvier 2014 Twelve Years a Slave, un film réalisé par Steve McQueen. Et comme le dit son producteur Arnon Milchan, l’élection (puis la réélection) de Barack Obama, premier Président de couleur aux Etats-Unis, y est pour quelque chose.

Ainsi, Twelve Years a Slave nous raconte l’histoire (tristement vraie) de Solomon Northup, homme libre et violoniste très doué, résidant dans l’État de New York. Kidnappé puis vendu en tant qu’esclave dans une propriété de plantation. Il passera 12 ans de sa vie à servir des maîtres psychorigides, et il connaîtra l’injustice d’avoir été enlevé alors qu’il était libre, éprouvera de la pitié, de la souffrance, de la haine…

Interprétés à la perfection par Chiwetel Eijifor (que certains auront peut-être déjà vu dans 2012 ou American Gangster), les sentiments et les horreurs que la vie impose à Solomon sont transmis au spectateur, enseveli sous ces injustices et ces violences psychologiques. Détresse, intelligence, souffrance, espoir, volonté passent à merveille par les traits de Chiwetel, redessinant le caractère du véritable Solomon.

Car il est vrai qu’à l’exception d’une ou deux scènes où des personnages sont fouettés, aucune violence physique n’est montrée. Bien que ces quelques scènes restent tout à fait horribles, le film présente surtout une violence psychologique, qu’on retrouve dans les expressions de chaque personnage… On lit la peur, la haine, l’horreur, la souffrance dans les yeux de chaque acteur, ce qui renforce le côté réel de l’histoire, accusant ainsi davantage la société de l'époque.

Et c’est à travers cette violence morale que l’équipe de Steve McQueen parvient à mettre le spectateur mal à l’aise. On peut noter une scène de 2 – 3 minutes durant laquelle Solomon est pendu à un arbre, les pieds frôlant le sol, lui permettant ainsi de vivre. Filmé en plan large, avec Solomon au centre, ces 2 – 3 minutes, qui seront en réalité plusieurs heures dans le film, sont les plus horribles du film. On voit Solomon au premier plan luttant pour survivre au bout de sa corde, pataugeant dans la boue, d’abord seul, puis rejoint par d'autres esclaves qui continuent leur vie sans pouvoir (ou plutôt sans avoir le droit de) l'aider.... Cette scène (bien que le terme scène-clé soit peut-être plus adapté) résume parfaitement le message que veut nous faire passer le film : l’injustice et la cruauté des blancs envers les noirs, les traitant comme de vulgaires objets.

Le casting du film est également plus que propice au bon passage de la morale, puisqu’il regorge d’acteurs connus ou en voie de le devenir… On retrouve donc un Michael Fassbender (l’acteur fétiche de McQueen) fou dans le rôle d’un propriétaire d’un champ de coton « hystérico-maniaque » ; ou encore Benedict Cumberbatch dans la peau d’un maître froid mais qui a un bon fond (il évite la mort certaine de Solomon lorsqu’il est maltraité par un chef de plantation colérique) ; mais aussi Brad Pitt en blanc pacifique luttant pour les droits des noirs ; et bien d’autres comme Lupita Nyong’O, la grande découverte du film (nommée cette année aux Oscars dans la section meilleure actrice dans un second rôle).

En résumé, on pourrait affirmer que c’est la violence (psychologique) qui fait de ce film sa principale efficacité, parfaitement soulignée par une bande-son signée Hans Zimmer, et interprétée par un casting qui excelle. C’est peut-être un peu long (2h13 durant lesquelles on nous jette une vérité effroyable aux yeux), ça donne un peu mal à la tête en sortant de la salle, et c'est plutôt dérangeant, mais ça en vaut le détour.

Aglaé Veillet

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