C’est avec grand plaisir et impatience que je suis allée voir The Judge de David Dobkin. Le duo plus que monstrueux Robert Duvall/ Robert Downey Jr est magnifique et très sincère, l’un incarnant le juge Palmer réputé pour son fort caractère et sa fermeté, et l’autre jouant son fils Hank, avocat brillant cherchant à conserver sa fille de 6 ans d’un divorce imminent. Les deux acteurs, au mieux de leur forme, ne pouvaient donner une meilleure performance dans ce drame à la fois familial et policier.
Quand il apprend la mort de sa mère, Hank se voit obligé de retourner dans sa ville natale de l’Indiana pour ses funérailles, le seul endroit sur Terre où il s’était juré de ne plus jamais remettre les pieds. Son arrivée n’enchante guère son père avec qui il entretient une relation très conflictuelle, mais quand celui-ci est accusé d’un meurtre, il essaiera avec plus ou moins de succès de mettre sa rancœur de côté pour l’aider à gagner le procès.
Le personnage de Hank est assez antipathique et parfois même têtu, mais on se rend très vite compte qu’il a simplement hérité de tous les traits de caractère de son père. Pour Robert Duvall, la fierté et le sens de l’honneur fait de son personnage l’archétype du père de famille américain. Il n’aime pas revenir sur ses décisions et ne supporte pas l’insolence. On assiste alors à une relation « montagne russe » avec ses hauts et ses bas, ses moments heureux et malheureux qui vont séparer puis rapprocher ces deux personnages. Rien n’oblige Hank à aider son père qui le rabaisse continuellement et lui reproche un mariage raté, et quelle que soit la vérité sur le meurtre ou bien même l’état de santé du juge, il prend sur lui pour le bien de sa famille.
La rage de son personnage envers le juge donne accès à Downey Jr à des scènes émouvantes et très intenses dans lesquelles l’acteur donne le meilleur de lui-même. Il ne pouvait trouver meilleur rôle pour faire oublier les blockbusters auxquels il est habitué ces derniers temps et donner une piqure de rappel à ses fans des premiers instants.
Il n’hésite pas à se tourner en ridicule, comme dans la scène où, vêtu d’un t-shirt de son adolescence bien trop petit pour lui, il fait du vélo en criant comme un gamin et levant les bras façon « je suis le roi du monde ». Son amie d’enfance qui passait par là le verra ensuite faire une chute monumentale. Car oui, si c’est avant tout un drame, il y a quelques moments très drôles pour détendre un peu l’atmosphère.
De plus, la famille est le thème principal du film puisque, en parallèle, on nous montre la relation que Hank entretient avec ses deux frères ainsi que Sam, son amour de jeunesse et sa fille Lauren.
Certains plans avait également une très belle qualité esthétique, comme notamment dans la scène dans la cave où tout était filmé dans les tons bleus et noirs. Pour finir, on peut noter une jolie reprise de The Scientist de Coldplay dans la bande originale.
A voir absolument !!
Mathilda Colli