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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Mommy

Publié par Juliette Suchel sur 29 Octobre 2014, 22:53pm

Catégories : #drame

Steve, 17 ans
Steve, 17 ans

A travers Mommy, réalisé par ce jeune canadien de 25 ans, Xavier Dolan raconte l'histoire de Steve, un enfant atteint d'hyperactivité qui est de loin son personnage le plus autobiographique. Il dit vouloir « venger toutes les mères » et l'on remarque avec son premier film J'ai tué ma mère et son sixième et dernier jusqu'à maintenant, Mommy, que le sujet maternel ne lui est pas indifférent. Preuve en est l'amour mère-fils qu'il fait évoluer au cours de ce long-métrage.
Dans un futur proche, les lois canadiennes pourraient retirer à Diane ce qu'elle a de plus cher : son fils. En effet, cet adolescent TDAH peut malgré lui être impulsif et violent. Il est victime de troubles de l'attachement. Malgré tous les effort de Steve pour rester avec sa mère, son comportement va mettre à l'épreuve ses responsabilités. Une rencontre inattendue avec leur voisine va redynamiser leur vie.

Dans ce film, il y a pour moi un acteur qui s'est vraiment révélé : Antoine-Olivier Pilon. Jouer des humeurs changeantes surtout quand on est le personnage principal n'est pas le rôle le plus facile ! Le duo qu'il forme avec Anne Dorval est un choix qu'on ne peut pas reprocher à Xavier Dolan. Étant donné qu'il effectue son parcours avec les mêmes acteurs depuis le début de sa carrière, le réalisateur ne peut pas être déçu de la prestation de cette dernière. Je trouve qu'elle incarne parfaitement le rôle d'une mère un peu perdue au niveau organisationnel et relationnel, mais déterminée pour ce qui lui tient à cœur. Puis il y a Kyla, la voisine interprétée par Suzanne Clément, qui est à mes yeux quelqu'un de très important et sans qui l'histoire ne serait pas la même. Malgré le fait que le sujet du film ne soit pas basé sur son personnage, son arrivée crée l'élément déclencheur du scénario.

Il n'y a pas de décors ou de costumes particuliers, seuls les trottoirs, la ville, et chacun a son style vestimentaire. C'est tout simplement le jeu d'acteur et la musique qui mettent de l'ambiance et de la couleur à ces rues pavées du Canada.
A travers la musique, on devine un film moderne. Avec des choix de chansons récentes, on veut sans doute nous rapprocher du personnage de Steve, en tant qu'adolescent, plus que de sa mère. Par ailleurs, je l'ai trouvée un peu trop encombrante au début du film.

Mettre des dialogues québécois sous-titrés en français n'est pas une habitude et, en plus de cette touche personnelle, Xavier Dolan a voulu filmer en format 1:1. Ce côté original, il s'en est très bien servi. Beaucoup de gros plans ont été faits et le format carré de l'image permet d'après moi de rentrer dans l'intimité des personnages ainsi que dans leurs ressentis. Il reprend pourtant le format original à trois reprises, pendant de courtes périodes, qui me font penser à des parties séparant le film.
Malgré tous ces points positifs, j'ai trouvé le temps long à la fin de l'histoire... peut-être parce qu'on s'impatiente d'aller voir notre mère.

C'est pour tout cela que je pense que le Prix du Jury du festival de Cannes 2014 est amplement mérité.

Juliette Suchel

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