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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Whiplash

Publié par Nathan Buskulic sur 23 Février 2015, 18:31pm

Whiplash

Whiplash est un film de Damien Chazelle qui nous raconte l'histoire d'un jeune batteur qui cherche à devenir l'un des grands.

Andrew (le héros) est dans l'une des plus grandes écoles de musique des Etats-Unis et rêve d'intégrer l'orchestre de Terence Flatcher, l'un des chefs d'orchestre les plus reconnus du pays, qui enseigne dans cette école dans un cours très particulier. Il se trouve qu'une fois qu'il a la chance de faire partie de ce groupe en tant que batteur remplaçant, la personnalité de Flatcher se dévoile et le vrai duo va du film commence. En effet, Flatcher est prêt à tout pour avoir les meilleurs musiciens dans son groupe, même si pour cela il doit jeter des chaises sur ses étudiants ou les faire craquer psychologiquement. On entre donc dans l'histoire de ce duo qui oppose Andrew, un batteur prêt à tout pour devenir le meilleur de sa génération et Flatcher, un prof prêt à tout, et surtout au pire pour faire que ses élèves deviennent les meilleurs.

S'arrêter ici serait juste caricaturer le film. En effet l'une de ses grandes forces réside dans le traitement de ses personnages. Ce ne sont justement pas des caricatures mais des êtres humains, subtils et changeants sans cesse, en constante évolution. Des personnages portés par un jeu d'acteur formidable qui n'est jamais dans l'excès. Même si le film ne cesse de nous montrer les excès en question, le jeu des acteurs lui sublime cela en nous montrant toute la violence humaine qui en résulte.

La première scène résume tout le film, toute ses subtilités, toute sa sobriété. Le spectateur voit Andrew en sur-cadrage, en train de s’entraîner à la batterie, puis Fletcher arrive dans la scène et lui demande de lui montrer ce dont il est capable. A cet instant, le film se lance, c'est à dire que la seule chose qui sépare les deux personnages, c'est la batterie, mais c'est en même temps leur lien.

Vous l'aurez compris, non seulement le film est incroyablement bien joué, mais il est en plus très bien filmé. Les plans sont construit et nous donnent sans cesse une nouvelle approche des deux personnages. Une autre force du film est qu'il n'en fait jamais trop. Il reste dans la sobriété même si le scénario lui nous donne à voir le contraire.

L'élément principal du film étant la musique, je ne peux pas la laisser de côté. La Bande Originale est à tomber par terre car elle est aussi construite que le reste du film et est extrêmement bien réussie. On a évidemment droit aux séances de musique quand Andrew joue, mais le reste du film est musicalement incroyable. On a certes droit à du jazz un peu intello, ça ne vous empêchera en rien d'aimer cette mélodie enivrante née de la souffrance. En reprenant des morceaux mondialement connus et en ajoutant des morceaux plus originaux, le long-métrage arrive à se créer une identité musicale propre qui tient au film à la perfection.

Une chose vraiment intéressante est l'importance donnée aux fluides et plus particulièrement au sang et à la sueur. Les deux vont souvent de pair et créent une esthétique inattendue, mêlant sans cesse le rouge du sang qui tombe sur la batterie, la sueur coulant sur ses cymbales et le son de la batterie. Aucun des trois ne fonctionne sans les deux autres et il est réellement intriguant de voir l'image que l'auteur a donné à ce mélange indissociable.

Je n'aurais que peu de mots pour finir, si ce n'est que c'est un film incroyable qui mérite d'être vu pour son éxcès filmé avec sobriété et joué à la perfection. Et ces musiques qui vont vous donner envie d'écouter plus souvent du jazz. Si vous avez l'occasion de le voir, foncez !

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