L'Homme irrationnel est un film dramatique américain réalisé par Woody Allen (qui est son dernier film mais pas son tout dernier) sorti le 15 mai 2015 qui fut sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie hors compétition.
Le film se déroule dans la ville de Providence aux Etats-Unis dans l'état du Rhode Island, dans une université où le film tourne autour de 3 personnages principaux, mais plus précisément autour de Abe, le nouveau professeur de philosophie interprété par Joaquin Phoenix, puis s'ajoute Rita, professeur de philosophie (Parker Posey) et Jill, étudiante en philosophie (Emma Stone).
Tout commence dans l'université du département de philosophie où la vie se déroule dans un quotidien monotone, dans une routine infinie. La directrice de l'établissement attend un nouveau professeur : Abe Lucas, réputé dans le milieu philosophique pour ses ouvrages et ses discours extraordinaires. Une joie pour cette université d'accueillir un nouveau membre qui va pouvoir mettre un peu de piment dans cette vie "trop tranquille". Mais ce professeur a perdu la joie et ses raisons de vivre, ce qui fait le désespoir pour tout le monde. Mais il va bénéficier de l'aide de sa collègue de travail, Rita, qui va tomber amoureuse de lui (tout en trompant son mari), en lui redonnant l'envie de vivre, ce qui ne marchera pas tout de suite. Puis le professeur va faire une autre rencontre qui va être mieux qu'avec Rita : Jill. Cette relation professeur-étudiante qui va se transformer en "relation amical-professionnelle" à une "relation intime avec son professeur" où Jill finit par tomber amoureuse de Abe (qui elle est en couple avec son petit ami, Roy) et lui redonner l'envie de vivre, mais Jill va être plus dans l'écoute et dans la compréhension du personnage qu'est le professeur Lucas. C'est un triangle amoureux où les deux femmes vont tout faire pour redonner un sens de sa vie, mais en vain. Puis un jour, Abe se rend dans un café avec Jill où celle-ci va surprendre une malheureuse conversation, concernant une pauvre femme avec ses amis où elle explique la perte de la garde de son enfant qui va être obligé d'aller habiter chez son père violent, à cause d'un juge horrible et sans coeur. Les deux auditeurs ressentent de la pitié envers cette pauvre femme et de la haine envers ce juge qui mériterait presque la mort pour avoir fait ça à cette pauvre dame. Et c'est là que tout commence : Abe n'arrête pas de penser à cette femme qui souffre à cause d'un juge corrompu et odieux, et il repense à la conversation qu'il a eue par la suite avec Jill sur son envie à elle, que le juge soit mort. Abe retrouve un sens à sa vie, il déborde d'énergie, il est heureux avec Jill (plus avec elle que Rita qui semble être plus son "plan Q") et ne pense plus qu'à une chose : tuer le juge.
C'est un film qui montre un homme ayant perdu tout espoir réussissant à continuer à vivre en trouvant un objectif précis : détruire le "mal", ce qui est (pour ma part) assez irrationnel comme but d'une vie. On ne nait pas avec l'envie de meurtrière de tuer. L'Homme n'est pas né pour tuer d'autres Hommes, il a un but inconnu sur toute sa vie entière mais tracé par le Destin. Puis il est accompagné de la professeur de Philosophie, Rita, très libre d'esprit et l'étudiante sûre d'elle, Jill. Ses deux femmes sont attirées par le charme (charme intellectuel ?) de Abe. Mais au court de film, on peut remarquer une transformation, de plus en plus noire, jusqu'à voir jusqu'où l'être humain peut aller pour se satisfaire, un égoïsme énorme !
La philosophie de Nietzsche, sur son ouvrage Vérité et Mensonges au sens extramoral est présente dans le film, rien qu'avec le titre du film qui fait une référence à la théorie du l'Homme rationnel et l'Homme intuitif.
Le film montre le stéréotype des professeurs de philosophie qui fument du cannabis, ce qui m'a un peu déplu car c'est un stéréotype populaire qui dure et je trouve cela assez dégradant pour la Philosophie en elle-même ainsi que pour les professeurs enseignant la matière.
J'ai particulièrement aimé les couleurs que le film accentuait, comme si il y avait un sorte de filtre pour faire ressortir les couleurs, pour qu'elles soient plus vives avec du vert éclairci des plantes, le rouge des briques... L'environnement est varié et esthétique, de la nature au bord d'un lac en passant par des restaurants, des bars, des maisons, des immeubles...
A la fin du film, lorsque je suis sorti, je me suis posé la question : "qu'est-ce que le film veut me nous dire ?". Il nous plonge dans des réflexions sur la vie et ses sens. Ce qui peut nous arriver d'être à la place d'Abe et qui peut nous donner une idée de comment retrouver l'envie de vivre, mais bien sûr, tout en évitant de tomber dans les pires idées en y voyant les conséquences qui s'y passent. Ce film me pousse à la curiosité sur le sujet de l'Homme et le rationnel et l'irrationnel.
Je conseille vraiment ce film, pas pour tous, car ce film demande de la réflexion mais après "pourquoi pas", si vous voulez passer du bon temps. En revanche, je vous recommande de le voir en VO car après avoir regardé, par la suite, la bande-d'annonce en français, j'ai été déçu par le doublage qui fait perdre le "charme" du film.
Dorian Pillonetto