Mon roi, sorti récemment, est un film français qui met en scène une avocate quadragénaire, Tony (Emmanuelle Bercot), qui tombe éperdument amoureuse d'un homme (Vincent Cassel) avec lequel elle tentera, tant bien que mal, de fonder une famille.
Ce film est construit sur de nombreux retours en arrière, depuis un lieu de cure où la jeune femme tente de se reconstruire en affrontant sa névrose. Nous sommes amenés à comprendre, pourquoi et comment cette femme en est arrivée là. Tony se rapprochera lors de son sevrage d'une bande de jeunes sportifs, qui l'aideront à reprendre le goût des choses de la vie.
Le personnage de Vincent Cassel, manipulateur et infidèle, nous séduit par son charisme à la fois écœurant et envoûtant. Ce sont ces vices que la réalisatrice arrive à mettre en avant, à l'aide de plans serrés et de champs-contre-champs. L’amour qui les dévore et la haine qui les animent se mêlent et forment une passion enivrante, qui nous fait autant peur que sourire.
Cependant, la perversion qui s'installe entre les deux protagonistes peut vite devenir lassante, bien que réelle.
J'ai aimé pouvoir passer d'un extrême à un autre, à travers le saisissant jeu des acteurs. L'euphorie et la souffrance, le désir et le chaos se font et se défont, ce qui fait de Mon Roi un film troublant, qui élève et anéantit dans le même temps.
Apolline Gille