La Tortue rouge de Michael Dubok De Wit est passé à l'occasion du 16ème festival Cinémino. Ce film d'animation conte l'histoire d'un homme qui a fait naufrage sur une île déserte. Il décide alors de construire un radeau pour en échapper. A chaque fois qu'il tente de partir, il est stoppé par une tortue géante qui détruit son bateau improvisé. Pris de désespoir, il profite que la créature soit faible et à portée de mains pour la tuer. Il est finalement pris de remords et essaye de la sauver, mais il est trop tard. Le lendemain, la tortue s'est transformée en une mystérieuse jeune femme à la grande surprise du naufragé. Il va alors se tisser un lien étroit entre ces 2 personnes et de leur relation va naître un enfant.
Ce film est assez étonnant du fait que, pendant ses 1H30 de projection, les personnages ne se parlent pas, il n'y a donc pas de dialogues. Pourtant, cela n'est pas gênant et les paroles ne sont même pas nécessaires pour en apprécier le contenu. Le scénario n'est d'ailleurs pas sophistiqué. On ne connaît pas le nom des personnages et il n'y a pas d'explication sur le fait que la tortue devienne d'un seul coup une jeune femme, mais ce n'est pas le but propre du film. Son objectif est surtout de conter une histoire simple et poétique, qui permet au spectateur de savourer un bon moment. Le réalisateur veut exprimer de la poésie dans le film à travers plusieurs éléments. Tout d'abord, avec les personnages présents sur l'île et leur lien mutuel. On ressent bien la tendresse et l'amour qu'il y a entre eux; ils l'expriment d'ailleurs grâce à leurs gestes et leurs regards. L'homme fait aussi tout pour protéger sa famille. On suit également l'évolution de l'enfant, de sa naissance jusqu'à son âge adulte. Il tisse un lien fort avec les tortues de l'île. Ces animaux marins sont des personnages à part entière. Ils sont très présents mais restent mystérieux durant tout le film. La thématique centrale du film est d'ailleurs celle de l'eau. Beaucoup de scènes se passent dans l'océan. Celui-ci empêche l'homme de rentrer chez lui, mais il offre aussi plein de possibilités, car il est souvent représenté de manière infinie. C'est d'ailleurs lui qui permet au naufragé d'avoir une femme. Dubok De Wit accentue son caractère mystérieux et poétique à travers l'image et la musique. Les dessins sont magnifiques et sont différents de ceux que nous avons l'habitude de voir. La plupart des scènes sont lumineuses, même celles où les personnages sont sous l'eau, ce qui les rend plus belles encore. La bande-son, quant à elle, est harmonieuse et permet au spectateur de mieux profiter de l'animation.
Ce film est très poétique et simple, ce qui permet de se vider la tête pendant 1h30. Je le recommande vivement pour passer un bon moment.
De Gruttola Emma