Moonlight de Barry Jenkins sorti en février 2017 en France est un film à voir à tout prix tant pour son histoire, adaptée d'une pièce autobiographique de théâtre (In moonlights black boys look blue) que pour sa réalisation artistique ou aucun détail n'est laissé au hasard (musique, lumière, dialogue).
Moonlight est un drame qui retrace en trois parties le combat que mène Chiron pour trouver sa place et assumer son homosexualité dans les quartiers difficiles de Miami. On le suit de l'enfance jusqu'au début de l'âge adulte en passant par l'adolescence (Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes).
Il y a peu d'action dans le film. Le faite que Barry Jenkins utilise une profondeur de champ très faible et de nombreux mouvements caméra crée un flou autour de Chiron. Il nous oblige à nous concentrer sur le personnage et sa lutte quotidienne. Une lutte qu'il mène contre les autres, sa mère toxicomane, les enfants qui le harcèlent et contre lui-même. Il y a très peu de dialogue. Chiron est quelqu'un de réservé qui ne parle pas beaucoup. C'est par son attitude et ses gestes, qui ne changent pas avec le temps, que nous en apprenons plus sur lui.
La lumière joue un rôle important dans le film, elle crée des ambiances différentes parfois proche du rêve ou au contraire très froide. La bande originale est principalement composée de musiques classiques qui tranchent avec l'environnement où le personnage principal évolue, les quartiers pauvres de Miami où la drogue et la violence sont quotidiennes. La musique est peu présente mais, lorsqu'elle est utilisée, elle renforce les émotions que souhaite transmettre le réalisateur.
Ce film est un témoignage puissant et émouvant.
Eloïse de Sainte Lorette
