Certains y verrons du ‘’Taxi Driver’’, perso, avec ma culture, j’y verrais plus un mélange de Gore Verbinsky (‘’Cure For Life’’), Ben Wheatley (‘’High Rise’’) accompagné d’une pointe de Tarantino. Vous l’aurez compris, ce film n’est pas un film, c’est une expérience audiovisuelle. Et quelle expérience ! Servie par une très belle et très intéressante mise en scène, un scénario plus ou moins compréhensif mais très réussi se faisant une petite place au milieu d’un film complètement délirant, et débordant de nouveauté.
La dernière ligne de dialogue de cette expérience résume le tout :
‘’- Où est ce qu’on va ?
- Je ne sais pas, toi, tu veux aller où ?
- Je ne sais pas.’’
Voilà le point fort : le visuel de ce film… Très réussi, avec bien évidemment du sens, du travail, pas juste un effet catalogue du top 500 des meilleurs plans du cinéma. Par exemple, un splendide plan reviens plusieurs fois, une sorte de Leitmotiv : la caméra est fixée sur le coté d’une voiture, et nous voyons défilé devant nos yeux ébahis les décors de la ville à grande vitesse. Le fait que cela soit tourné en pleine nuit renforce le coté épileptique et délirant du plan. C’est encore plus remarquable quand on sait que la vitesse de tournage change en fonction de l’émotion du personnage principal, s’il est triste, ça ira moins vite.
En parlant du personnage principal : très intéressant, il mixe la personnalité d’un héro de guerre gagnant tout le temps à chaque combat, avec un personnage très fragile, vivant encore chez sa mère, et donc très manipulable. Une belle leçon de ‘’Non-stéréotypes’’. Je viens d’inventer ce terme, ne cherchez pas plus loin.
Par contre lui, le réalisateur, va très loin, en nous confectionnant une ambiance très pesante, très sombre mais malgré tout visionnable où l’on arrive à voire ce qu’il se passe (c’est sombre, pas trop sombre). Nous avons aussi le droit à un montage très réussi, notamment avec l’arrivé de flash back sans trop prévenir, ou encore des plans où on le voit s’étouffer dans un sac en plastique. Oui la vie est dur quand nous somme un assassin sur commande.
Sur commande ? Malheureusement oui. Ou sinon la production est pas top. Mais le résultat est là. C’est bien de vouloir faire marcher le marché des petites sociétés de production (plus ou moins indépendante) mais si elles font le travaille à moitié... Oui j’en viens : la musique du film est bien, elle ne m’a pas forcément marqué lors du film, logique, je fais attention aux images/scénarios/acteurs/etc… car je sais que la musique est normalement distribuée à coté du film, en tant qu’album… C’est tout de même lamentable qu’une personne qui signe une BO qui à l’aire vachement bien foutu (de la musique électro, avec un accent de la BO de ‘’The Social Network’’, en rappelant bien évidemment, pour rester dans le style expérimental, des bouts de musique contemporaine, tout en restant écoutable pour une oreille basique), n’ai même pas le droit d’avoir un album distribué… On remercie film4 de nous omettre ce petit complément d’analyse du film et d’oublier que la musique de film c’est au moins 30% d’un film ! Et par-dessus tout de continuer à colporter l’idée que la musique de film est un petit genre de rien du tout, juste bon pour amuser les monteurs, et ne servant que de simple bruitage amélioré pour servir une image. Un jour, mettez vous un film et coupez la musique, vous comprendrez. C’est lamentable. C’est même presque honteux, mais tellement banal comme problème (beaucoup de petite production ne distribuent pas les Bandes Originales).
Bon, après ce rapide aperçu de ce que donne le cinéma par moment, je vais conclure ma critique. Par une phrase : il manque un truc. Je ne sais pas trop quoi. Est-ce un travail sur la musique qu’il n’y a pas ? Est-ce un plantage qu’il que part dans le scénario ? Est-ce les quelques scènes trop longues où nous aurons le temps de s’ennuyer ? Je ne sais pas. Pourtant, j’ai tendance à vraiment adorer les films complétement délirant, comme Cure for life, Réalité, High Rise, ou encore Suicid Squad… A Beautiful Day ne m’a pourtant pas tant marqué que ça, sauf peut-être, peut-être, sur sa prise de vue, élément central du film.
Allez le voir malgré tout. Allez-y. Cela vous fera quelque chose, vous découvrirez quelque chose, vous aurez un sentiment fort. Allez-y.
Quentin Marlier, alias Kalawen
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