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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Au Revoir Là-Haut

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 19 Novembre 2017, 12:35pm

Au Revoir Là-Haut

          Au Revoir Là-Haut, le nouveau d'Albert Dupontel nous présente Albert Maillard et Edouard Péricourt, deux hommes de la même compagnie que la Grande Guerre a brisés et réunis. Albert, ancien comptable est réduit à de petits boulots afin de subvenir au besoin du jeune Edouard qui a perdu la moitié de son visage en le sauvant. La jeune gueule cassée quant à elle, n’osant plus retourner voir sa famille de la très haute bourgeoisie parisienne, trouve refuge dans le dessin, la morphine et la confection de masque.  

            Le film est cependant plutôt joyeux et coloré sans pour autant tomber dans la mièvrerie et la démagogie. Il est d’ailleurs ponctué de nombreuses pointes d’humour, bien amenées, qui ne coupent aucunement le récit. D’ailleurs, les ressorts comiques se rapprochent de ceux de l’après-guerre avec un Albert Maillard semblable à un charlot quelque peu empoté et timide avec les femmes. Mais, en même temps que le film peut être comique, Au Revoir Là-Haut sait être brutal lors de certaines scènes, il s’ouvre d’ailleurs sur une scène de bataille assez violente mais où la mort et les démembrements ne se font jamais dans le cadre. C’est cependant la fin du film qui est la plus brutale, coupant radicalement avec le happy end si cher aux comédies françaises.

            Le travail le plus impressionnant du film n’est cependant pas celui sur le comique, c’est celui sur l’image. En effet, dans ce long métrage, un travail constant est fait sur le traitement de l’image, si bien qu’Albert Dupontel arrive ici à recréer le grain et la colorimétrie des images d’époques, ce qui au départ est quelque peu déroutant mais nous plonge totalement dans le Paris d’après-guerre superbement recréé. Il y a de plus un grand travail sur l’étalonnage qui donne au film et aux masques toutes leurs couleurs, l’image se rapprochant presque d’une peinture tant les couleurs sont éclatantes. De plus le film parvient à expliquer nombre de choses uniquement grâce aux jeux d’ombre et de lumière, je pense notamment à la première apparition du lieutenant Pradelle que j’ai particulièrement apprécié de par sa maîtrise et sa beauté. L’autre point fort de ce film est sa distribution. En effet, celui-ci possède un casting très fourni et bien adapté : Laurent Lafitte est excellent dans le rôle du lieutenant sans merci et cupide qu’est Pradelle, Nahuel Pérez Biscayart est également très bon dans son rôle de gueule cassée excentrique notamment grâce à ses yeux extrêmement expressifs. Le reste des acteurs est également très convaincant et les débuts de Kyan Khojandi sont assez prometteurs. Enfin, le film est impressionnant par la qualité des costumes et des décors. En effet, les masques d’Edouard sont tous très soignés (celui du paon m’a particulièrement impressionné), et la reproduction du Paris d’après-guerre est tout simplement à couper le souffle surtout pour une production française (le film est tout un film à grand budget pour un long métrage français : 20 millions). Le film nous transporte ainsi dans une époque et dans un monde en plein effervescence. De plus, le film permet de voir deux aspects du Paris des années 20 : celui de la grande bourgeoisie qui s’est enrichie avec les révolutions industrielle et le Paris qui travaille, le Paris dans la misère. Mais tout cela de manière plutôt légère.

           

               En bref, Au Revoir Là-Haut est un très bon film que je vous conseille vivement d’aller voir. Il s’inscrit en tant qu’ovni dans le cinéma français de par l’ampleur du travail réalisé afin de reproduire une époque et la qualité de l’histoire contée. C’est une véritable bouffée d’oxygène. Un voyage onirique dans un Paris du début du 20ème siècle. On notera cependant que le film tente parfois d’en faire un  peu trop dans les plans séquences (la caméra passe par la serrure du portail alors que celui-ci est ouvert) et qu’il ne révolutionne pas le cinéma par son côté parfois trop lisse et manichéen. Le film passe, à mon goût, à côté de certains aspects qu’il aurait été intéressant de traiter tel que le rationnement des petites gens à la fin de la guerre, et les bénéfices que la guerre a rapporté aux industriels. On ne peut cependant pas véritablement lui reprocher car il s’agit là d’une adaptation d’un livre du même nom de Pierre Lemaitre. 

                                                                                            Gabriel GRAMATIKOFF 

 

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