Downsizing, le long-métrage avec un problème de taille. Réalisé par Alexander Payne, le long-métrage divise les spectateurs, tant sur l’histoire que sur les personnages. Alors, Downsizing est-il vraiment de taille à séduire les cinéphiles ? Introspection du film ci-dessous.
Afin de combattre la surpopulation, des scientifiques inventent un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le "downsizing". Réduire sa taille permet, entre autres, d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur convainc Paul Safranek et sa femme d’abandonner leur morne quotidien pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.
Pour commencer, il faut saluer l’idée qu’a eu le réalisateur pour ce film : réduire les humains dans un

but environnemental, en voilà une histoire cocasse ! Mais le concept s’avère intéressant et propose de nombreuses opportunités. Imaginez les situations dans lesquelles le personnage principal pourrait se retrouver s’il devenait minuscule ! C’est dans cette volonté de faire (re)découvrir l’insolite aux spectateurs que Alexander Payne réalise Downsizing.
Matt Damon incarne avec justesse Paul Safranek, l’archétype de l’américain moyen qui poursuit son
petit bonhomme de chemin et jubile dans ce rôle qui lui va si bien. Petit à petit, Safranek se remet en question et voit sa vision du monde et des autres changer, notamment grâce à la rencontre d’une vietnamienne rescapée politique (interprété par Hong Chau). En revanche, la voix de la vietnamienne dans la version française est tout bonnement pathétique et ridicule, nuisant à la crédibilité de ses propos. Le voisin de palier de Paul Safranek est quant à lui joué par Christopher Waltz, qui, comme toujours, offre une très belle prestation dans son rôle de « méchant » profiteur.
Les plans sont linéaires, originaux et le réalisateur se plaît à imaginer de petits hommes à travers des scènes incongrues (mais réalistes). Il est en revanche fort dommage qu’il n’exploite pas plus les nombreuses possibilités qu’offre le principe du « downsizing ». Ainsi, la première partie du film pose le contexte et explique avec précision le processus de miniaturisation et l’arrivée de Paul dans sa nouvelle vie. Les effets spéciaux sont quant à eux réussis et s’intègrent bien à l’univers.

Et là où Downsizing s’enlise, c’est dans la seconde partie : l’intrigue, qui était jusqu’alors un simple divertissement familial se transforme en une critique de la société, avec des relents de morale altermondialiste. Le long-métrage oscille donc entre deux genres bien distincts, au risque de perdre le spectateur… Le réalisateur offre tout de même des pistes de réflexions intéressantes sur de profonds sujets, tels que l’environnement, nos modes de consommation (capitalistes) ou encore les individus mis au ban de la société.
Downsizing est un bon film, mais sans plus : outre son idée originale, toutes les possibilités qu’elle pouvait offrir sont mises de côté et pas assez exploitées. Il remet en question la présence de l’Homme sur Terre mais s’éparpille un peu trop dans son discours moralisateur, présentant un rythme plutôt inégal.
Critique réalisée par Armand Paris.
