Phantom Thread est un film sorti en février 2018 de Paul Thomas Anderson.
Dans les années 50, à Londres, un talentueux couturier au nom de Reynold Woodcock (Daniel Day-Lewis) habille les femmes de la haute société. Cet homme extrêmement exigeant et intransigeant tombe amoureux d'Alma (Vicky Krieps), une jeune femme qui compte bien se faire une place dans sa vie parfaitement planifiée.
Daniel Day-Lewis incarne ici son dernier personnage, affirmant qu'il arrête le cinéma. Il incarne le couturier dans les moindres gestes, déplacements et regards faisant ressentir toutes ses tensions et ses névroses. Phantom Thread qui signifie le fil fantôme nous amène à ressentir tout ce qui nous est au premier abord caché : les mots cousus dans les doublures des robes et les sentiments enfouis chez les personnages.
Le film nous ballade dans cette histoire dont nous ne voyons pas la fin. Nous découvrons toutes les facettes d'une relation complexe entre les deux personnages avec comme fil conducteur une représentation très classique voire puritaine. Le film dégage une grande maîtrise autant dans l'expression des sentiments que dans la manière de filmer.
Le grain de l'image donne un effet vieilli au film, renforçant l'impression d'un film d'époque. Les couleurs sont assez ternes, ce qui donne un sentiment de fadeur et de monotonie. C'est l'univers dans lequel évolue R.Woodcock, entre rigueur, douleur et sacrifice total envers son métier. Les personnages sont souvent cadrés en plan rapproché, toujours très centrés avec une quasi symétrie, ce qui accentue encore la rigueur du personnage, de sa vie et de son travail. Des inserts sont utilisées pour nous plonger dans l'action des personnages, ce qui nous permet de les comprendre un peu mieux, eux et leurs sentiments.
C'est donc un très beau film avec une histoire peu commune qui nous laisse avec des questions plutôt que des réponses.
Eloïse de Sainte-Lorette
