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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Razzia

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 1 Mars 2018, 14:06pm

   Razzia

 

                       J’ai eu l’occasion de voir ce film en avant-première à La Turbine. J’étais très impatiente de le découvrir car j’avais beaucoup aimé Much Loved qui est du même réalisateur (Nabil Ayouch)  et qui traite aussi des mêmes questions, notamment de la question sociale et de l’histoire du Maroc avec son contexte politique et économique. 

 

                      Nous apercevons cinq destins à travers le film. Le tournage s’est fait à Casablanca, Ouarzazate et dans les montagnes de l’Atlas. Il met en scène plusieurs personnages qui ont pour lien un instituteur ayant enseigné dans une petite école d’un village berbère de l’Atlas en 1982. Entre le Maroc des années 1980 et celui d’aujourd’hui, Nabil Ayouch et sa compagne ( jouant un rôle important dans ce film) portent à l’écran ces destins entrecroisés dans le Casablanca. Il y a Abdallah, interprété par Amine Ennaji, un instituteur ravi d’enseigner la langue tamazight dans son village natal. Mais son courage et sa pédagogie vont vite être freinés par une politique d’arabisation qui l’empêche de transmettre ce savoir. Trente ans plus tard, on découvre Salima, incarnée par Maryam Touzani, une femme qui ne supporte plus le poids des mœurs ; c’est une affranchie du régime politique dans lequel elle vit. Autre histoire, celle d’Hakim, un jeune menuisier, chanteur le soir qui adore Freddy Mercury et rêve de devenir le Queen marocain. Ce dernier a du mal à affirmer son homosexualité, encore taboue au Maroc. Et puis, Dounia Binebine, qui interprète le rôle d’Inès, une adolescente de 15 ans un peu déboussolée. Eduquée par une dada (la nounou marocaine) et une mère qui ne s’en occupe absolument pas, la jeune fille vit tiraillée entre une éducation dictée par la loi marocaine et la découverte de la sexualité.Il y a aussi Joe, incarné par Arieh Worthalter, un Juif vivant à Casablanca qui s’occupe de son père malade et de son restaurant. Sa vie amoureuse est en dégringolade  : il est victime d’antisémitisme. C’est chez lui que travaille Ilyas, le fils d’Yto, qui est venu chercher son premier amour, l’instituteur du petit village de l’Atlas.  

 

                Razzia  est un film résolument social qui parle des libertés individuelles. Chacun des personnages fait sa propre révolution et tente de reprendre cette liberté volée. Coécrit avec Maryam Touzani, le film se veut féministe. A travers Salima, le réalisateur nous présente une femme désinvolte, à contre-courant de la société marocaine. C’est aussi la guerre de chacun des personnages de Razzia qui se joue dans cette nuit de révolte, leur combat incertain pour briser le moule d’une société pressée de formater leurs vies. À la fin, la foule qui défile devant la caméra est à la fois l’incarnation d’un peuple et une réflexion sur son destin possible. 

J’ai trouvé ce film à la fois beau dans l’histoire et dans la manière dont ce fut tourné. Il y a une philosophie et poésie très belle tout au long du récit qui nous saisit incroyablement. Le procédé des retours en arrière est très bien manié. 

 

              Je pense que ce film est l’un de mes préférés ! À voir absolument, il sort le 14 mars en salle. 

 

                                                                                    Azya Boubakeur

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