
Un homme pressé, une comédie dramatique d’une heure quarante qui fait réfléchir, tout en restant compréhensible pour tous.
Il s’agit du premier film en solo de Hervé Mimran, avec Fabrice Luchini et Leïla Bekhti. Basé sur l’autobiographie de Christian Streiff, le PDG de Peugeot Citroën, Un homme pressé raconte l’histoire d’Alain Wepler (Fabrice Luchini), un homme d’affaire respecté et orateur brillant, professeur à Sciences PO. Un jour, il est victime d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) qui entraîne chez lui des troubles de la mémoire et de la parole. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne (Leïla Bekhti), une jeune orthophoniste adoptée, qui recherche ses véritables parents. Ils vont petit à petit apprendre à se connaître, et chacun va tenter de se reconstruire à sa manière.
L’intrigue est bien construite tout est cohérent, et l’on se prend d’affection pour les personnages. On est directement plongés dans la vie d’Alain, qui n’a pas une minute pour lui. Son accident vient chambouler toute sa vie et ses habitudes, et l’oblige à se reposer, et à ne presque plus travailler. C’est comme cela qu’il se rend compte que sa vie est vide, qu’il n’a aucun loisir. Il vit avec sa fille Julia (Rebecca Marder), dont le personnage aurait pu être davantage mis en avant, d’autant plus lorsque qu’Alain se rend compte qu’il ne la connait pas si bien que ça.
L’AVC dont est victime Alain est un accident qui peut toucher tout le monde, à tout moment. Le spectateur peut donc se sentir plus ou moins directement concerné. Le réalisateur nous montre que parfois, le travail prend une place trop importante dans notre vie, ce qui nous fait oublier de faire attention à prendre soin de notre santé, ou notre famille.
L'orthophoniste Jeanne, jouée par l'excellente Leïla Bekhti est très importante dans la rééducation d’Alain et doit aussi faire face à des soucis personnels, comme la recherche de ses géniteurs. Sans le vouloir, elle se réfugie dans son travail, comme le faisait Alain, et ils finissent par s’aider mutuellement.

C’est un film à la fois très drôle, parce que le trouble de la parole d’Alain lui fait dire des mots à la place d’autres, et il inverse beaucoup de syllabes, et très touchant, de par ce côté qui pousse à la réflexion, de prendre du temps pour soi, et pour les autres.
Seul bémol : la durée. Certains moments sont un peu longs, et l’on aimerait que l’histoire avance plus vite. Mais, cela est peut-être justement pour créer un contraste avec le titre, et pour faire comprendre au spectateur qu’il ne sert à rien de vouloir se dépêcher sans cesse.
A travers ce film, le spectateur peut facilement s’identifier aux personnages. Cela entraîne une certaine réflexion, tout en restant drôle, divertissant, et touchant.
Jondeau Taina, 2nd 9