En ouvrant sur la victoire des bleus à la coupe du monde de football 2018, Ladj Ly montre une France unie. L’évènement sportif donne un sentiment de joie, de bonheur et d'amour a la manière d’un rêvé. mais cela va laisser place à une tragédie réaliste de la vie de jeunes de cités laissés à l’abandon. A travers une métaphore légère du roman de Victor Hugo, le cinéaste nous montre qu’ils sont en fait les laisser pour compte des temps modernes.
Ces exclus n’ont pas d’autres choix que de se rebeller pour faire entendre leurs voix.
Le film parle de la France des quartiers celle des flics de terrain, celle des grands frères, celle des chefs de cité, celle des religieux, celle des enfants et un peu celle des parents. Le film montre notamment que tout le monde passe son temps à donner des ordres aux autres, à tempérer des situations potentiellement explosives et à asseoir son autorité.
A travers son film, Ladj Ly montre toute la misère de ces quartiers, la détresse et la peur qui y règnent.
C’est après une longue heure que le film prend véritablement sa tournure de fiction. Les policiers dépassés effectuent un tir contre un enfant menotté. A l'image du soulèvement des cités en 2005, évoqué directement dans le film, cet élément est déclencheur d’une histoire plus dynamique qui ne fera que monter en puissance. L' action arrive néanmoins un peu tard dans le film, qui est obligé de condenser toute les actions. Les péripéties s’enchainent légèrement trop vite tandis que les conflits des cités sont évincés. Le besoin de rédemption du brigadier fautif du coup de flash ball aurai pu être plus développé. Il ne fait que l’évoquer dans une scène montrant les deux policiers du service concerné autour d’une bière dans un bar.
C’est la violence qui est pointée du doigt et surtout ses origines que sont principalement le délaissement de ces quartiers et de toute une génération qui n’a plus de repères et ne veut pas se conformer à l’ordre établi. C’est l’ingérence et le manque de préoccupation du gouvernement envers ces quartiers que Ladj Ly pointe du doigt. La rupture est proche, et si rien n’est fait, il ne restera plus que le chaos.
Les Misérables dénonce une autogestion précaire et irresponsable. Dans les deux cas, le futur est sombre comme en témoigne le dernier plan plutôt angoissant.
Il n'y a pas de prise de parti, pas de volonté d’être moralisateur juste exposer les fait tel qu’ils sont, montrer ce que l’on ne montre pas toujours, ou le montrer d’une façon la plus neutre possible pour permettre au spectateur de prendre plus de recul, de mieux comprendre c'est là, la véritable force du film.
Maëlle Pradal
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