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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Mickey and the Bear

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 27 Mai 2019, 15:06pm

Catégories : #Film sociale, #Cinéma, #Drame

Chers cinéphiles du monde entier,

 

     De passage à la 72e édition du Festival de Cannes pour quelques jours, j’ai eu  l’honneur de pouvoir visionner un film dramatique américain présenté dans le cadre de l’ACid : MICKEY & THE BEAR. C’est en plein cœur de Montana que sa réalisatrice, Annabelle Attanasio, nous raconte l’histoire d’une adolescente, Mickey, contrainte de s’occuper de son père, un ancien vétéran addict aux opiacés, depuis la mort de sa mère. Oppressée et écrasée par le monde qui l’entoure elle est tiraillée entre son désir de fuir pour survivre et celui de rester veiller sur son père sombrant toujours un peu plus dans la folie.

     A travers des personnages aussi bien forts que singuliers, la réalisatrice met en lumière la douleur psychologique de la situation post-traumatique du père en illustrant sa dépendance ainsi que sa démence de plus en plus malsaine. Mais elle évoque aussi les conséquences de cette toxicité au sein de la relation père-fille par le biais du personnage de Mickey qui vient également témoigner du rôle de la femme dans une société patriarcale. En effet, celle-ci est trop souvent considérée comme acquise et subit de lourdes charges mentales la poussant toujours plus vers l’épuisement physique et psychologique.

   Pour sublimer ces personnages et assumer cette dimension du cinéma sociale, les acteurs Camélia Morrone (Mickey) et James Badge Dale (Hank) font preuve d’une justesse et d’une assurance incroyable dans l’interprétation de leurs rôles, apportant ainsi puissance et humanité à ce film.

      Les merveilleuses images de Conor Murphy donnent la possibilité à cette lourde histoire de pouvoir exister sous la sublime vision d’Annabelle Attanasio. Cela passe notamment par une belle maîtrise de la colorimétrie et un travail sur la lumière typique des films américains. Les montagnes et les lacs du Montana, théâtre du film, sont traités avec beaucoup de poésie à la fois par la douceur protectrice de la nature mais aussi par la dureté de la vie dans les profondeurs de l’Amérique.

     Enfin le son et la musique viennent exister en complément de l’image sans que celle-ci ne puisse subsister sans elle. Parfaitement orchestrés, ils permettent d’immerger le spectateur au cœur de l’action et de l’accompagner à travers les différents sentiments que procurent ce film, tout en laissant place à sa réflexion.

     La véritable splendeur de ce film réside dans son élégance à être entièrement indépendant. En effet, cette indépendance lui permet de passer outre le conditionnement régissant le cinéma américain hollywoodien. MICKEY & THE BEAR esquive ainsi les codes et les normes ce qui lui permet d’offrir une expérience forte et profonde aux spectateurs à travers des portraits psychologiques complexes dont ils possèdent la libre interprétation et le libre jugement.

     A travers ce premier long métrage, cette prodigieuse réalisatrice de 26 ans nous montre qu’elle est en marge de devenir l’une des futures grandes étoiles du septième art.

                                                                                                                                                                                                                                Maïna Combaz Cappellacci

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