UNE CHANCE DANS UN RÊVE
DE
Romane Alaize
Version 1
23.05.2019
EXT. PARC DE MONCEAU (PARIS) - JOUR
ANNE (20 ans) et MALIKA (21 ans) sont assissent sur un banc et regardent fixement devant elles. Elles réfléchissent. L’environnement est calme, probablement parce que la pluie menace mais elles ne sont pas décidées à bouger.
TITRE : Une chance dans un rêve
Anne lance la discussion :
ANNE
Pourquoi ne l'a -t- elle pas fait ?
MALIKA
Quoi ? Parce que tu penses que Sara ne c'est pas faite exploser ?
ANNE
Je le crois, oui.
MALIKA
De toute manière impossible à dire. La fin reste un mystère. Un doute. Un rêve.
ANNE
Oui, un rêve. Sara a rêvée tout compte fait.
MALIKA
Elle aurait parcouru tout ce chemin initiatique et l'aurait quand même fait ?
ANNE
Sans doute...
MALIKA
Pourquoi ? Donne moi ton avis. C'est ce que voulait le réalisateur. Mohamed Al-Daradji.
ANNE
Sara a été radicalisée par son propre peuple. Il lui ont fait croire des choses irréelles et inhumaines. Mais elle y croyait, naïve et jeune. On peut tout nous faire croire, surtout lorsqu'on est désespéré. Une gare est comme un petit peuple. Composée de beaucoup de gens, différents et avec des situations différentes. Sara allait se tuer et prendre la vie de ses gens. Elle a imaginée ce que pouvait être leur vie. Elle a d'abord rêvée celle de Salam, jeune escroc mais au grand et tendre cœur. Et tout c'est enchaîné pour rendre doux et humain le sien. A nouveau.
MALIKA
Concrètement pour toi, elle ne l'a pas fait ?
ANNE
Non. Je pense qu'elle s'est refusée à éliminer des vies imaginatives mais existantes.
Malika regarde de travers Anne.
ANNE
Ce que je veux dire, c'est que même si elle était complètement enrôlée, elle a réussit... Son âme à repris le dessus pour créer ces vies, avec ces visages d'inconnus qu'elle allait faire exploser. A présent, donne moi le tiens.
MALIKA
Déjà, la réalisation et le scénario étaient incroyables, d'une maîtrise parfaite. Moi, je dis qu'elle s'est faite sautée.
Anne se remplis d’effrois.
MALIKA
Je peux le dire, car je connais mon peuple. Mais d'un autre côté, je ne le comprendrais jamais. Sara a surement imaginée toutes ces vies et ces situations de générosité, de bonté mais aussi de cruauté et d'injuste. Entre la misère du pays, les combats, les lois, la religion... Tout cela est bien compliqués... Les enfants m'ont beaucoup touchée, le grand frère, qui n'est pas si grand que cela, qui ment pour protéger sa petite sœur; orphelins... Tout deux essayent de survivre dans son monde d'adultes fous. Mariage forcé, traumatisme des batailles, combats, autre attentats, suicide ou non... Soldats américains ou autre, mourant de peur pour essayer de faire leur travail et survivre eux aussi, quelque part, mais ils se donne une image violente et irrespectueuses. Tu as raison pour le faite que la gare soit un petit peuple qui rassemble le grand. Mais oui, je crois que Sara a réellement commit son acte. Elle a été trop conditionnée, on lui a trop répété qui étaient les méchants et qui étaient les gentils. Manichéisme à la con... La guerre est la seule vrai coupable.
Malika renifle en essuyant son nez. Anne se rapproche d'elle en signe de compassion.
ANNE
Acte commis ou pas. Le spectateur souhaite une chose : que la guerre entre n'importe quel peuple, n'importe quel pays, homme, femme... s'arrête. Ce film montre tous les aspects d'une seule société mais elle peut, en n'y réfléchissant, s'appliquer à tous. La religion, la mienne juive et la tienne musulmane, sont différentes et vont sans doute encore créer des conflits. Et autre que la religion, il y a encore beaucoup de problèmes qui engendrent, comme tu dis, la seule coupable des atrocités humaines : la putain de guerre. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que l'amour peut sauver le monde et aussi l'écoute, la compréhension de l'autre. Sara a imaginée ces vies pour essayer de se mettre à la place de ces chaque histoires qu'elle allait prendre; elle a fait l'effort de comprendre l'autre. Certes, au départ, avec une hostilité effroyable et aucune compassion mais elle l'a fait. Voila l'acte qu'elle a commit : d'être la plus humaine d'entre tous, en fessant le choix de comprendre l'autre; découvrir le film de chacun et son esprit. De s'initier à la vie, à l'amour, à elle-même et aux autres. Mais d'autre part, les vies qu'elle a imaginée ou croisée, l'ont aussi connu et l'ont aidée indirectement, comme elle. Tous ont fait la connaissance de chacun, peut importe leur passé, leur présent et peut être même leur futur. Ils se sont écoutés et se sont compris les uns et les autres.
Malika sourit, Anne est obligée de le faire. Les deux jeunes femmes se reçoivent les premières gouttes et regardent toute deux vers le haut.
MALIKA
Le ciel a été touché par tes paroles.
ANNE
Sans doute, sans doute...
GÉNÉRIQUE.
FIN.
Inspiré du film The Journey de Mohamed Al-Daradji, visionné le mercredi 22 mai 2019 à Ferney Voltaire.


