Hors Normes est un film qui parle de deux associations en plein combat pour prendre en charge des personnes atteintes de troubles autistiques sévères. C’est un véritable combat car des inspections souhaitent fermer ses associations car elles ne sont pas aux normes d’hygiène, de personnel… et les protagonistes vont tout faire pour garder la responsabilité de ses personnes dont plus personne ne veut. C’est aussi un film humain qui montre une vérité dure et brute et qui joue sur nos sentiments en mettant à l’image des personnes différentes ainsi que leurs modes de vie plus ou moins imposé.
L’histoire se construit principalement autour des personnages. Bruno (Vincent Cassel) était un animateur de colonie de vacances. Il a un jour accepté Joseph (Benjamin Lesieur) un enfant atteint d’un trouble autistique sévère. Suite cette expérience Bruno monte une association dans le but d’offrir à des personnes tel que Joseph une aide autre que celle des centres hospitaliers. Il souhaite proposer un autre rapport que l’enferment et la prise de médicaments. L’association de Bruno s’appelle « le silence des justes » et cette association existe réellement. Ce nom vient de la religion juive qui a une importance capitale sans pour autant être prosélyte. Bruno est le genre de personnage dont la gentillesse sans limite lui fait répondre « je vais trouver une solution » à tout. Il est ami avec Malik (Reda Kateb) qui est lui aussi un éducateur spécialisé dans les troubles autistiques. Malik forme des jeunes qui viennent des banlieues et qui ont peu de vocabulaire pour de leurs offrir une seconde chance parfois ultime, tout en aidant leurs prochains handicapés. D’une pierre deux coups ! Bruno recrute généralement ces jeunes pour que chaque patient ait un aide-soignant attitré. Mais ces jeunes n’ont pas tous des diplômes et Bruno met en place des accueils de nuits pour pouvoir loger ses patients. Cela en toute inégalité. Deux inspecteurs tout au long du film mènent une enquête pour vérifier les conditions d’accueils. Cette inspection mène le spectateur à constater l’écart entre les contraintes administratives et la réalité humaine de la prise en charge de ses personnes autistes en urgence. Les réalisateurs et scénaristes d’« Hors normes » sont Olivier Nakache et Éric Toledano.
Ce long métrage est raconté à plusieurs échelles. Il y a plusieurs histoires qui se chevauchent entre les rendez-vous amoureux de Bruno qui n’aboutissent jamais car un appel de l’association l’oblige à partir, l’inspection, la famille de Joseph, les jeunes et adultes handicapés en ateliers et même Valentin (Marco Locatelli) qui est un adolescent avec un trouble autistique sévère qui est accompagné par Dylan (Bryan Mialoundama) un jeune repéché par Malik. Le fait de mener ainsi l’histoire donne un sens concret au film. De plus les acteurs sont justes. Ils mènent si bien leurs rôles que cela donne l’impression de voire la vie de ces personnages filer devant nos yeux, comme si les caméras n’avaient jamais existé et que l’on rentrait simplement dans leurs intimités.
Ce film est parfois comique, parfois dur, réaliste. Les patients de l’association de Bruno sont réellement des humains atteints de troubles autistiques sévères. Les filmer relève du défi et rends le film d’autant plus touchant. On a du mal à s’imaginer pouvoir aider ses personnes car ce sont des situations très complexes qui nous échappent et on ne peut qu’admirer le travail des éducateurs qui s’en occupent. On garde un sentiment de révolte que Bruno nous partage tout en comprenant les raisons de l’inspection.
L’intrigue sociale de cette histoire garde un rythme soutenu, on ne perçoit presque pas la musique qui pourtant joue un rôle crucial dans les moments angoissants. La lumière est naturel, elle n’est ni accentué ni faible. Cela souligne l’effet de réalisme, on vit l’histoire sans romance.
Pour finir, c’est un film qui est recommandé sur internet par ses bonnes notes sur divers sites tel que AlloCiné, Télérama… Une sensibilisation remarquable au monde de la prise en charge de l’autisme qui mérite une attention particulière. Pour ceux qui n’ont pas encore croisé la route de ce film que diriez-vous de prendre Valentin par la main pour essayer de lui faire caresser un cheval ? Ou même de sentir la tête de Joseph contre votre épaule en guise de marque d’affection ? Faites tout de même attention vous pourriez prendre un coup ou laisser votre patient s’échapper pour allumer le signal d’alarme d’une station de métro. Une lourde responsabilité se pose alors sur vos épaules. Pour ceux qui ont vu ce chef d’œuvre, vous me comprendriez si je vous disais « j’ai trop kiffé » ou juste « ça s’est bien passé ».
Jade MASSINI