Les Misérables est un film de Ladj Ly, dont la sortie en salles est prévue officiellement pour le 20 novembre. Il s’agit d’un drame policier, que j’ai eu la chance de voir à Cannes (présenté dans le cadre de la section officielle du festival : prix du jury). Il s’agit d’un film poignant, qui représente avec une réalité spectaculaire la vie des quartiers de banlieues parisiennes, animée par beaucoup de violences. Ce long métrage nous raconte l’histoire de Stéphane, qui intègre une brigade policière dans le 93. Lui et ses coéquipiers vont perdre le contrôle d’un conflit de quartier. Ils vont s’emporter et laisser la violence prendre le dessus. Un jeune présent à ce moment, qui a filmé cette scène, va mettre en péril la carrière des membres de la brigade, qui vont tout faire pour que les violences qu’ils ont commises ne soient pas dévoilées, et ainsi ne pas avoir de soucis avec la justice.
Les images de ce long métrage prennent à la gorge. C’est ce qui fait la force du film. La réalité est montrée sans filtres, sans modifications. La caméra fait partie des conflits. On se trouve au cœur des combats. On ressent tout ce qui se passe à l’écran, et même plus. On imagine la vie des personnages. Le film retranscrit cette ambiance d’insécurité constamment. C’est ce qui lui donne une certaine authenticité : il montre ce qu’il y a à montrer. La réalité est montrée telle qu’elle est, à travers cette histoire. Les personnages touchants participent également à cet intérêt que l’on peut porter au film. On pourrait penser qu’il s’agit d’un documentaire et c’est encore une fois un des points forts du film. On a l’impression que les caméras ont suivi quelque chose de réel pour cette histoire, les acteurs correspondent tous parfaitement à leurs rôles. On n’a pas l’impression que ce sont des scènes jouées par des acteurs, et c’est ce que l’on attend de ce genre de film. On entre dans la vie de ces personnes et de ces quartiers en tant que témoin, en tant que spectateur des évènements.
Le fait que cette réalité soit représentée sans tabous et sans déformations suscite une grande réflexion chez le spectateur. Le choix d’utiliser la caméra comme un personnage à part entière, un témoin de ces scènes de violences policières et de conflits entre jeunes de ces quartiers défavorisés nous mène à nous questionner sur le sujet des personnes défavorisées. On est spectateur de certaines violences, certains crimes, ou encore certaines injustices. On met facilement en lien ce film avec tous les conflits du monde qui nous entoure. Qui sont les responsables ? Qui mérite d’être puni ? Ce film ne répond pas à ces questions mais apporte des éléments pour construire son propre raisonnement et son propre avis sur la question. Il nous apporte les clés pour comprendre et prendre conscience de notre société, que rien n’est encore parfait partout. Ce long métrage est là pour éveiller une curiosité, un questionnement chez le spectateur. Il a pour but de nous faire prendre conscience de certains aspects de la vie auxquels on ne pense pas toujours. Il nous fait penser d’avantages à nos choix, et à l’avis que l’on se fait sur ce qui est présent autour de nous.
Ce film est donc une exception. C’est une exception parmi les films de ce genre, qui mêle avec grand succès documentaire et fiction, sentiments et violence, action et réflexion.
Romain L.
