Un film bouleversant qui nous emmène au plus profond des sentiments des personnages. Nous finissons par ressentir ce tourment du deuil qu'éprouve Tom à la mort de son grand frère Léo. Ces deux frères rythment ce film dramatique par leur relation. Leur relation ancienne, comme présente, par l'apparition du fantôme de Léo lorsque Tom en a besoin. Tom est un personnage compliqué, joué avec brio par Thomas Guy, idéalisant son grand frère décédé il y a 2 ans. Il n'arrive pas à trouver sa place dans son nouveau lycée comme dans cette société machiste qui pousse les hommes à avoir cette virilité, cette force, ce charisme qu'avait Léo et à qui Tom cherche à s'identifier, à qui tout les jeunes hommes cherchent à s'identifier... Ce film soulève à la fois le deuil mais aussi la question de la pression subit par les hommes d'aujourd'hui. Tom nous montre par ses yeux qu'à force de s'identifier à quelqu'un, on ne sait plus nous même qui on est et on finit par s'étouffer soi-même avec cette image. Une leçon démontrée tout au long du film mais surtout lors de cette scène de bagarre entre lui et Léo où au moment d'emmener sa mère accoucher à l'hôpital, ils s'affrontent ou plutôt Tom s'affronte lui même face à la pression de devoir devenir le grand frère et de prendre le rôle qu'autrefois Léo avait avec lui. Ce passage de rôles a lieu à plusieurs reprises : lorsque Tom enfile le blouson fétiche de son frère, quand il joue au basket mais aussi lorsqu'il conduit sa mère à l'hôpital.
Quelques personnages entrent aussi en jeu dans la relation des deux frères à commencer par leurs parents, le père qui n'a toujours pas fait le deuil de son fils et la mère. Une mère qui voit les choses en face et qui ne se laisse pas abattre, jouée par Isabelle Carré. C'est ce personnage de la mère qui porte la famille à bout de bras et qui va deviner la présence de Léo aux cotés de Tom et réagir sans jugement mais plutôt comme une mère le ferait. C'est à dire en disputant son ainé comme si il était vraiment présent. En dehors de la famille, il y a aussi les camarades de lycée qui vont venir dans la vie de Tom. Le premier sera J.B. ce garçon d'abord moqué pour ses cheveux longs, qui va devenir son meilleur ami et le premier à apprendre l'existence de Léo. Puis petit à petit arriveront la soeur de J.B. qui va plaire à Tom et entrainer une histoire d'amour enfin il y aura aussi le groupe de garçons populaires du lycée à qui il voudra prendre part sous les conseils de son frère.
Un choix intéressant nous est proposé par Benjamin Parent, l'intégration de Léo comme un personnage normal nous fait presque penser parfois qu'il est bien réel même si néanmoins le suspens le concernant est ôté dès les premières minutes du film. Deux types de plans sont proposés dans ce film, des plans rapprochés coupés à la poitrine comme si les personnes avaient perdu leur cœur à la mort de Léo. Néanmoins, il y a toujours quelques plans larges en général lors des moments importants comme l'accident de Léo et Tom, le moment où Léo apprend à danser à Tom ainsi que la scène où celui ci attend son petit frère dans les couloirs de la maternité. Avec un panel de couleurs naturellement chaudes, Benjamin Parent ne rend pas le deuil et ce film lugubres comme certains. Un mode de coupe intéressant également en ce qui concerne les arrivés de Léo toujours dans la surprise jamais préméditée, Léo apparaît à l'écran comme dans la tête de Tom, comme bon lui semble. Ce qui m'a beaucoup plu dans ce film c'est ce suspens concernant Léo et ce qu'il représente. La colère de Tom ? Ou l'idéal masculin selon les codes ? Des questions qui restent en suspend et laissent la place à l'imagination du spectateur.
J'ai énormément aimé ce film pour son sujet émouvant et pour le lien de Tom et Léo. Une histoire poignante qui nous fait lâcher une larme sans le moindre scrupule et qui vous fera envoyer un message à vos proches pour leur dire que vous les aimez à la sortie de la séance.
Zoé Granero seconde 4