En février 1939, le gouvernement français parque un flot de républicain fuyant le régime de Franco. Dans ce film d’animation, Aurel, le réalisateur, nous raconte l’histoire de Josep Bartoli (Sergi Lopez), un dessinateur. Il fait partis de ses républicains enfermés dans des camps. Josep se lie d’amitié avec un gendarme (Bruno Solo) un peu plus clément que les autres qui lui fait passer un crayon et du papier. L’histoire est racontée par ce même gendarme, devenue grand-père dans le présent, qui parle à son petit-fils : Valentin (David Marsais). Ce film a été nominé et a gagné le prix du cinéma européen du meilleur film d’animation.
On peut facilement s’identifier au personnage de Valentin qui découvre l’horreur de ses camps en discutant avec son grand-père qu’il ne connaissait pas autan qu’il l’aurait crus. Le scénario est construit sur l’histoire de Josep mais aussi sur le fait qu’elle est racontée par les souvenirs de ce grand-père et la vision qu’à Valentin de ses souvenirs qui lui sont raconté. Il y a donc un allez retour tout au long du film entre plusieurs périodes de temps. Il y a le temps des camps puis les années qui suivent avec des ellipses temporelles et enfin le temps du présent ou Valentin rends visite à son grand-père et ou Josep peint en couleur. C’est un tableau qu’il peint tout au long du film et qu’on ne découvre en entier qu’à la fin. De tout les dessins et peinture de Josep, c’est le seul en couleur.
Il y a une véritable recherche graphique dans ce film. En effet on peut voir une nette différence de couleur, de dessins entre le temps du présent et du passé. Plus on remonte loin dans l’histoire moins il y a de couleur et de mouvement. Et à l’inverse plus on est dans le présent plus les couleurs et les traits de dessins sont nets. Cette recherche de dessins donne au film quelque chose de dur lorsque nous voyons les camps de réfugier. Outre les faits terribles, les dessins donnent une ambiance plutôt triste et en même temps ce que l’on voit c’est la vie de cet homme. Il y a des moments tout justes horrible et personne ne voudrait avoir a les vivres, bien que se soit la vie de millions de personnes malheureusement, et d’autres plus joyeux. C’est un film très réaliste. Dans les camps on voit souvent Josep dessiner et il y a généralement des gros plans sur ses dessins, ses croquis, qui forment des transitions. Ces dessins sont les vrais dessins de Josep Bartoli ce qui vient accentuer sur l’effet de réalisme. Ils sont toujours en noir et blanc et fait sur du papier jaunâtre avec des lignes. Dans les camps le personnage n’a pas accès à beaucoup de matériel, il a simplement un crayon et quelque feuille de papier à lettre. En même temps cela permet de raconter réellement la vie de cet homme. Le spectateur est placé du point de vue de Valentin. On a le sentiment d’écouter une histoire, d’assister à des souvenirs.
C’est un film avec plusieurs langues. On entend du français mais aussi de l’espagnol et du catalan. Josep parle espagnol dans les camps avec les autres réfugier. On entend du catalan lors de l’épisode de sa relation avec la peintre Frida Kahlo (Silvia Pérez Cruz) et a d’autre moments car à l’origine, Josep est catalan. Par ailleurs, pour revenir sur les couleurs, lors de cette relation avec Frida Kahlo, les couleurs utilisées sont plus nettes. Il y a même, simplement, beaucoup plus de couleur. Les camps sont représentés plus par du crayon et des couleurs atténués. Comme si la vie dans les camps avait moins de couleur que la vie quotidienne.
Le film est une fiction fortement inspirée d’une histoire vraie, de ce personnage : Josep Bartoli. C’est une biographie mais c’est aussi une réflexion sur le dessin. Le fait d’être dans la mémoire d’un vieil homme justifie le fait que l’histoire n’est pas aussi fluide que dans un film d’animation traditionnel. C’est un hommage à l’outil qu’il utilisait et qu’utilise Aurel le réalisateur et dessinateur. On voit aussi quelques peintures de Frida Kahlo.
Enfin, pour finir, il y a aussi une différence de mouvement dans l’animation. Ce n’est pas une animation qu’on a l’habitude de trouver dans nos cinémas aujourd’hui. Lorsqu’il représente les camps de concentrations, Aurel utilise une technique avec moins de mouvements et de fluidité. A l’inverse dans le présent les mouvements s’enchainent plus rapidement. Cela ajoute sur cette idée qu’une histoire nous est racontée.
Pour conclure c’est un très beau film qui m’a énormément touché et plu. Les choix d’animations sont intelligents et l’histoire est magnifiquement racontée. Je ne connaissais pas ce peintre et j’ai découvert son histoire avec attention. Ce n’est pas très original mais sincèrement je vous le conseil vivement car il vaut bien plus qu’un coup d’œil.
Jade Massini