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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


La Forêt de mon père

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 3 Novembre 2020, 11:13am

La Forêt de mon père

L’amour que porte Gina pour son père va-t-il perdurer malgré la situation intenable qu’il subit ? Une histoire forte et intense qui nous plonge dans la peau d’une fille de 15 ans, dans un cercle familial aimant, jusqu’au jour où tout bascule.

Ce film a été réalisé en 2020 par Véro Cratzborn, réalisatrice jusqu'alors de courts métrages et de documentaires. Elle a découvert le cinéma à ses 25 ans, grâce au producteur Bruno Pésery et au réalisateur Leos Carax. Ce premier long métrage est une réussite pour cette Belge.

Alors que la vie de Gina (Léonie Souchaud) se passait dans une tranquillité paisible, découvrant une forêt que son père, Jimmy (Alban Lenoir) adore tant, l’hospitalisation de celui-ci va alors faire basculer tout son quotidien. Voulant à tout prix sortir son père, delà elle se révoltera et fera de nouvelles rencontres qui lui permettront de grandir.

 

Le fait que l’on visionne cette histoire sous le regard de Gina et non de sa mère ou de son père est un point de vue assez intéressant et unique. L’histoire n’est pas celle de Jimmy qui se retrouve dans un hôpital psychiatrique, mais celle de sa fille qui vit un bouleversement émotif, trop attachée à son père et aveuglée par l’amour qu’elle lui porte. La mère, Carole (Ludivine Sagnier) joue aussi un rôle important, car malgré les apparences, un lien l’unit à sa fille. Les éléments qui nous montrent que son mari a un trouble psychologique sont remarquablement bien choisis, ils laissent paraître certaines choses sur son comportement irrationnel, comme la scène de la voiture où il roule à toute allure, tout en gardant un flou qui trouble les spectateurs. Une approche plutôt psychologique d’un sujet tabou rend ce film inédit. Il est également assez personnel. En effet, dans ce film, la réalisatrice fait référence à son enfance, lorsqu’elle vivait la même situation que Gina. On se rend compte que Gina est seule, elle ne sort pas, ne reste qu’avec sa famille et cette chute bouleversante va l’amener à s’ouvrir au monde extérieur en rencontrant de nouvelles personnes comme Nico (Carl Malapa), mais également à se refermer sur elle-même, les autres prenant son père pour un fou, alors qu’elle le trouve parfait.

 

Ce film met en avant un sujet très peu valorisé, souvent lié à des préjugés, mais qui reste un sujet fascinant. Il nous apprend que les problèmes psychiques d’un parent touchent aussi les enfants dans le cercle familial. Cette histoire vous donnera-t-elle un autre regard sur la « folie » ? Sur la société d’aujourd’hui ?

DENIGER Emeline

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