La Forêt de mon père est le premier long-métrage de la réalisatrice, Vero Cratzborn. C’est un film poignant original. Il livre une part d’autobiographique de la réalisatrice. Il est accompagné d’un excellent choix de distribution, avec notamment Alban Lenoir et Ludivine Sagnier et marquée par une première vraie révélation de Léonie Souchaud, dans le rôle principal de Gina Kremer. C’est un drame d’1h31 sorti en Belgique en 2019 et, projeté pour la première fois sur les grands écrans français en 2020. Il révèle avec finesse la maladie mentale de façon concrète, réaliste et humaniste, qui en surgissent. Cette œuvre cinématographique présente d’une manière très tranchée les sensations et les sentiments avec principalement une domination de par l’émotion de la souffrance que doivent endurer chacun des personnages.
L’histoire racontée, est celle d’une jeune adolescente de 15 du nom de Gina, elle grandit au sein d’une famille aimante et protectrice à la lisière de la forêt. Gina est une jeune fille qui éprouve une très grande admiration pour son père, Jimmy (Alban Lenoir). Son père est homme heureux malgré son statut de chômeur, il aime ses enfants et sa femme, Carole (Ludivine Sagnier), et la Nature, mais est atteint de troubles psychotiques. Tout allait relativement bien pour cette petite famille presque normale, lorsque Jimmy commet un acte démesuré qui va chambouler leurs vies pour toujours. Gina avait tendance à effacer tous les abus de son père mais ce jour-là, elle ne put le faire, poussant sa mère à faire un choix cruel. Désemparée face à la situation et incomprise par sa mère, Gina va tout faire pour retrouver son père.
Poussée dans une tourmente familiale, la réalisatrice nous immerge dans le regard de cette adolescente traversée par une situation qui la dépasse. Déboussolée, Gina va remuer ciel et terre pour être au près de son père jusqu’à commettre des actes regrettables voir suicidaires qui vont affliger son entourage déjà fragilisé par la situation. Ce choix de point de vue pour cette jeune adolescente n’est pas anodin, car c’est une manière subtile d’aborder le passage de l’enfant à l’adulte qui est marqué de nombreux bouleversements.
Donc ici, ce n’est pas temps la situation de Jimmy qui nous intéresse mais comment une adolescente peu réagir face à cet évènement tragique alors qu’elle est en plein changement. Ainsi, elle va à travers ses réactions parfois infantiles nous montrer son attachement pour ses parents par deux caractères différents liée à cette mutation.
Pour finir, cette œuvre cinématographie est gorgée de référence historique, culturelle et symbolique avec notamment la scène du parking du supermarché faisant allusion à deux œuvres du célèbre peintre italien, Michel-Ange, avec le David (statut de marbre) et le Jugement Dernier (fresque sur plafond de la Chapelle-Sixtine).
Ce film est à voir car il est empli d’une réalisation simple, remarquable et puissant par sa thématique, qui évoque les troubles psychologiques et sa place dans notre société remplie de préjugé. Il se montre à la fois doux, puissant et attachant marquée par de multiples rebondissements. Il nous propose une nouvelle approche de la maladie mentale, et il nous pousse à regarder et à mieux comprendre le psychique et le comportement des adolescents. De ce fait, on en ressort changé et différent.
Faustine Bacquet
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