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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Le papillon noir

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 24 Février 2021, 19:01pm

Le papillon noir


Richard est dans un restaurant de bord de route dans les monts du Vercors. En fond sonore, la télévision révèle la disparition d’une jeune femme. C’est la sixième dans la région ces temps si. C’est dans ce restaurant que le film débute avec la rencontre particulière de Richard et Jack ou Jack sort Richard d’un mauvais pas… Pour le remercier, Richard lui propose de l’héberger, mais Jack n’accepte que s’il lui permet de travailler en échange. Jack est un personnage étrange, mystérieux, inquiétant. Car ce que Richard ignore, c’est qu’en invitant Jack chez lui, il vient de faire entrer le loup dans la bergerie. Autrefois, scénariste a succès, Richard manque d’inspiration et sombre dans l’alcool. Jack lui propose de se reprendre en main et il lui montre comment écrire un scénario : il faut le vivre. On bascule alors dans une sorte de harcèlement psychologique, Jack devine les moindres faits et gestes, jusqu’aux pensées de Richard. Le scénario devient leur histoire celle d’un scénariste qui invite chez lui un homme qu’il soupçonne d'être le tueur en série de la région…
Ce film est diabolique ! C’est un polar, pratiquement un huit clos, qui est très original et très bien mené. Le casting porte le film jusqu’au bout. Richard est interprété par Stéphane Freiss. Et Jack par Eric Cantona. Le film est réalisé par Christian Faure et le scénario est écrit par Hervé Korian. 

Tout est construit sur ses deux personnages et sur une femme qui séduit Richard. Plus le film avance, plus l’intrigue se pose et l’on croit comprendre les choses. On croit seulement, ce n’est pas un film avare de surprises.
Le personnage de Jack est très mystérieux. Il met le spectateur dans une position inconfortable dès le début. Plus le film avance plus on a peur de ce personnage. Le scénario est fait pour nous induire en erreur. On s’identifie plus au personnage de Richard, car on s’inquiète pour lui jusqu’à craindre pour sa vie. La plupart du temps, on voit Richard a l’intérieur de la maison, dans un environnement sombre, fermé. Tandis que l’on voit Jack dans certaines séquences tout seul, à l’extérieur de la maison. Pour moi, cela représente l’état d’esprit des personnages.
Le scénario est construit sur des twist. On imagine beaucoup de choses, mais absolument pas ce qu’il se passe vraiment. On ne remarque pas les petits détails qui nous sautent aux yeux à la fin lors du climax. Il y a des petits indices qui sont semés discrètement, dans les lumières qui s’assombrissent, sur quelques éléments qui nous questionnent. Quand on commence à avoir une piste, on est englué dans une autre. On finit par être sûr de nous, par se dire, « c’est bon, j’ai deviné la fin ! » pour que au finale, pas du tout. C’est à s’arracher les cheveux ! Il y a également une gestion des émotions du spectateur réfléchi. Plus que d’imaginer mile hypothèses, on finit par avoir peur devant la violence des événements. Faire la critique d’un film comme celui-ci sans dévoiler trop d’information n’est pas chose facile…
Mais justement, parlons de la peur. Elle monte progressivement au cours du film en suivant le rythme du suspense. Elle est installée par le fait qu’on suppose des choses, mais que au finale, on ne voit pratiquement rien. Tout est psychologique. Plus la tension monte plus la musique devient pressente. On n’entend presque pas la musique tant les dialogues nous montent à la tête. D’ordinaire, c’est plutôt l’inverse. Là, on tend l’oreille jusqu’au moindre mot. La peur est également instaurée par le personnage de la femme blonde qui séduit Richard. Elle intervient à la fin du film, au beau milieu du climax et en plein milieu du danger.
Enfin, c’est un film qui m’a beaucoup plus. J’ai rarement vu un scénario aussi bien fait. Il existe certes beaucoup de films avec de bons scénarios, mais des scénarios de cette qualité-là, c’est rare. De plus, le jeu d’acteur colle vraiment aux personnages et la peur est très bien installée sans pour autan que l’on bascule dans un film d’horreur. Plus que de la peur, c’est surtout angoissant. Ce n’est pas un film qui va chercher des idées loin, au contraire, c’est un huit clos qui trouve son efficacité dans sa simplicité. Et vraiment, vous ne vous attendez pas à la fin…

Jade Massini

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