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HOMESICK est un court-métrage en prise de vues réelles scénarisé et réalisé en 2019 par Koya Kamura, un réalisateur franco-japonais. Deux ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, un jeune père pénètre régulièrement dans la zoneinterdite à la recherche d’objets de valeurs à restituer à leurs propriétaires. Rongé par le deuil et la culpabilité, il cherche avant tout à passer du temps avec le fantôme de son fils, Jun, qui erre dans cette zone depuis le tsunami.
Au début, des débris, de la cendre, une horloge figée, la tragédie fixé l’instant. Murai, le personnage du père, est en contraste avec sa tenue anti-radiation en quête de souvenirs. Tous les accessoires dans le film sont à usage unique et temporaire : les algecos(= maisons temporaires), les combinaisons, les nouilles, les baguettes. Entre réalité et fantastique,entre rêve et cauchemar, ce film est à la frontière entre deux monde. Celui de l’avant et de l’après tsunami, celui de la vie et de la mort. Insistant donc avec une forte notion d’entre deux, comme dans les prises de vue au petit matin comme à la tombée de la nuit.
La thématique du deuil et de la mort sont très présentes dans le film. Le rapport à la mort, aux rites et la culture en générale sont très différents entre la France et le Japon. A cause de la catastrophe, les rites funéraires sont parfois irréalisables et rend donc le deuil impossible. En ce qui concerne les fantômes, ici il y a quelque chose de paisible. Le personnage de Jun est très enjoué malgré sa situation. Sa naïveté rend le court-métrage très touchant. Le fait d’aller dans la zone interdite est le seul moyen pour le père de vivre des moments heureux car il est proche de son fils mais en même temps c’est ce qui le tue à petit feu. Des plans très larges où Murai et Jun sont perdus dans un décors trop grand pour eux. D’autres plan serrés pour capter les petites expressions. Ces plans permettent de mieux voir les détails du film.
Visuellement, la no-go zone propose un monde tristement poétique et cinématographique. Dans ce décor on trouve les objets du quotidien presque intacts mais abandonnés. L’accumulation de plan fixe nous permet de suivre les trajets en voiture du père et de constaté l’état de la ville. La nature reprend vie quand justement il n’y en a plus. Des sons élémentaires tels que le vent, l’eau, les branches rappellera le contexte environnemental du sujet. Le son du compteur Geiger (= appareil qui permet de mesurer la radioactivité) viendra parasiter les moments agréables que passent le fils et le père. La bande musicale originale accentuera la tonalité optimiste du film. C’est une musique assez minimaliste avec une mélodie simple et discrète. La musique amplifie nos émotions et celles des personnages.
Des lanternes passent et le film s’achève sur une petite trouvaille de mise en scène sublime. Un plan fixe fusionnant les corps qui regardent flotter les lanternes des âmes défuntes.
J’ai trouvé ce court-métrage très émouvant et les personnages attachant. Les sujets abordés comme la relation père/fils,sur le deuil et sur le rapport de l’humain à la nature mon beaucoup touché et mon permis de me questionner. La douceur de la mise en scène, l’émotion liée aux souvenirs font le charme de ce film délicat. Je le recommande fortement !
Lydie ROGUET 1°6