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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Mommy

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 1 Juin 2021, 13:41pm

Catégories : #Drame

MOMMY, Xavier Dolan

 

Mommy est un film écrit, réalisé et monté par Xavier Dolan. Ce long métrage dramatique québécois est sortit en 2014. Ce film raconte l’histoire d’un adolescent souffrant de troubles psychiatriques : Steve. Celui-ci a mis le feu dans le centre où il vivait depuis la mort de son père. Face à cet événement, sa mère Diane Després hérite de sa garde. Ce long métrage retrace la relation mère-fils de ces deux protagonistes, même si les excès de violence de Steve sont souvent nocifs pour la santé mentale de sa mère. Heureusement, un pilier vient rétablir un équilibre familial. La voisine, Kyla se lie d’amitié avec les deux personnages, sa présence permet de contrôler Steve et Diane.

Ce film tourné dans la banlieue de Montréal, à un aspect autobiographique pour le réalisateur qui a grandit dans ces quartiers. L’ambiance automnale et austère de Mommy est à prendre en compte, Dolan voulait montrer la composition des banlieues canadiennes. L’époque représentée ici, est pour moi les années 2000, avec notamment le style vestimentaire des personnages et la musique (par exemple Céline Dion).

Ici, et comme dans une grande partie des œuvres de Dolan, le rôle de la mère est omniscient. Dans Mommy, Diane Després joué par Anne Dorval interprète une veuve monoparentale qui doit s’occuper de son fils Steve, celui-ci représente un poids dans la vie que menait Diane, il ne peut pas rester tout seul,…  Dolan, représente la mère comme un personnage fort et courageux, il l’a met en avant pour montrer l’importance et la complexité du rôle maternel. Ce trait est d’autant plus accentué avec le caractère insoutenable de Steve que dois supporter la mère. Les troubles et les crises de Steve sont instables et parfois très violents, c’est pourquoi la voisine, Kyla arrive pour détendre la situation familiale.

Celle-ci est enseignante dans le secondaire et suite à un drame inconnu, elle est en congé et souffre de bégaiements. Ces bégaiements handicapants peuvent faire écho à la pièce de théâtre de Jean Luc Lagrace Juste la fin du monde, où les personnages ont du mal à communiquer entre eux. Kyla, joué par Suzanne Clément devient très vite indispensable à l’équilibre familial, un trio se forme entre les trois personnages, des liens se tissent rapidement.

Le personnage de Steve joué par Antoine Olivier Pilon est la base des conflits de l’histoire, ces troubles psychiatriques sont évoqués avec sensibilité dans notamment, sa tentative de suicide dans un supermarché quand il a compris qu’il était à la source de plusieurs problèmes. Le spectateur, ressent de la peine envers ce personnage incompris de tous.

Dans l’aspect de la réalisation du film, un détail important m’a frappé quand je l’ai visionnée. En effet, ce long-métrage est tourné en format d’image carré 1 :1, format qui se fait discret dans le cinéma contemporain. Xavier Dolan joue tout au long de Mommy avec le format d’image, le format carré pour lui sert à mettre en valeur les personnages. Personnellement j’ai ressentis avec ce changement de formats (alternation entre carré et format de base en cinématographie) un sentiment d’oppression avec le 1 :1 et de liberté dans le traditionnel. Evidemment, les moments où les formats changent sont mis en place en fonction du scénario. Dans des moments où le scénario évoque une victoire, le sentiment de liberté s’installe en plus d’être dans l’histoire, il y est aussi dans le format. On observe donc un lien fort entre le scénario et le format des vidéos. On peut aussi imaginer dans le format carré une sorte de « cage » dans lequel les trois personnages ne trouvent pas d’issues pour sortir, ils ne trouvent pas de solutions et sont obligés de s’affronter entre eux. Et dans cette bataille on peut apercevoir quelques moments d’affranchissements (rares moments où le format carré disparaît). Cet aspect de la réalisation de Mommym’a beaucoup touché, Dolan réussit à lier la forme et le fond de l’histoire pour procurer plus d’émotions chez le spectateur.

 

J’ai adoré ce film, le lien mère-fils, le rôle de Diane dans le scénario, les troubles touchants de Steve, l’ambiance automnale Canadienne, l’équilibre contribuer à une personne : Kyla, et le jeu de formats d’image. Le tout est émouvant et porte à la réflexion.

Thelma LE ROUX 1ère6

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