Un film haut en couleur qui n’a certainement pas fini de séduire son public.
Couleur de l’incendie est une adaptation cinématographique réalisée par Clovis Cornillac, du roman de même nom de Pierre Lemaitre, avec un casting et un jeu d’acteur remarquable. L’histoire raconte la difficulté de Madeleine (Léa Drucker) à vivre dans un monde où la gente masculine règne dans le Paris du XXe siècle. En 1929, elle devient l’unique héritière de tous les biens de son défunt père, riche banquier. Suite à ça, elle doit faire face à l’adversité de l’ancien adjoint de son paternel, Gustave Joubert (Benoît Poelvoorde), à la cupidité de son oncle Charles (Olivier Gourmet) tout en élevant son fils, Paul, incapable de bouger après s’être jeté d’une fenêtre. On suit donc le parcours acharné que traverse cette femme, un parcours de vengeance en compagnie de son chauffeur et ami proche Lucien Dupré (Clovis Cornillac).
Tout d’abord, le film commence avec un plan séquence qui rappelle également la scène d’exposition au théâtre puisqu’on rencontre chaque personnages importants. Lors des obsèques, la caméra est sans cesse derrière la personne qui cherche Paul, sur la demande de Madeleine. Chaque personnages demandent à un autre de retrouver le fils. Ainsi, on fait tous leur connaissance. On ressent aussi de l’inquiétude qui ne fait qu’augmenter puisque qu’on ignore où se cache ce garçon. Une atmosphère pesante qui demeure plus ou moins pendant tout le court du film. Mais il y a d’avantages d’émotions. La peine et la tristesse sont forcément présentes dans un film aussi dramatique. Madeleine est une femme seule, manipulée par les hommes jusqu’à ce qu’elle perde tout et qu’elle soit humiliée. Elle essaye également de s’occuper de son fils sous les insultes de son oncle «Qu’elle genre de femme es-tu pour que ton fils est une telle envie de mourir ? ». Mais dramatique ne veut pas forcément dire qu’il n’y a de comique. Beaucoup de discussions entre Charles et Gustave deviennent conflictuelles et familières, de quoi donner une touche d’humour dans les dialogues. De plus, Charles n’étant pas d’une intelligence supérieure, il arrive qu’il exprime des pensées parfois complètement décalées.
Et puis la musique (composé pour la plupart par Guillaume Roussel) est au service du film, elle accompagne autant un moment triste qu’un moment de colère, de vengeance. Une chanson est reprise plusieurs fois dans le film : elle se nomme Un secret (de Sandrine Piau et Randy Kerber), une musique d’amour intense. Dans l’histoire, cette chanson va redonner goût à la vie de Paul. Par la suite, il rencontrera le personnage de Solange Gallinato (Fanny Ardant), la cantatrice, après lui avoir écrit et il grandira en sa compagnie. Elle viendra chez lui pour chanter. D’une certaine façon, cette musique apporte de l’espoir et de la joie.
Enfin, la condition de femme est au cœur de ce récit puisqu’elle est mise à rude épreuve. Même si elles ne sont pas très nombreuses dans le film, rien qu’en voyant celle Madeleine, on comprend que sûrement la plupart des femmes avaient les mêmes difficultés. Par exemple, la mère de Paul n’a aucune connaissances et compétences pour gérer la banque de son père, alors les hommes vont en profiter pour l’induire en erreur et lui voler tout ce qu’elle possède. De manière général, à cette époque instable, les Hommes étaient avides de pouvoir et d’argent. Charles est quelqu’un de cupide car il va jusqu’à contester le testament de son frère qui offre plus d’argent à Paul qu’à lui. De son côté, Gustave veut devenir de plus en plus puissant avec de grandes innovations. Léonce (Alice Isaaz),ancienne amie de Madeleine, c’est mariée à un homme qu’elle aime et à un autre, plus fortuné, pour lui voler son argent alors que c’est interdit. On se rend bien compte que chacun n’est focalisé que sur son propre intérêt.
Même si le début du film peut paraître déconcertant, ne vous fiez pas à l’apparence. L’histoire est très prenante et chaque personnages est intéressant. Un avis peut être posé sur chacun. Écoutez attentivement cette fameuse chanson et apprécier l’harmonie des couleurs. Comment regretter d’être aller voir pareil film ?
-Cloé Lelizour-
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