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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Nome

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 31 Mai 2023, 17:10pm

Nome
Nome

Nome de Sana Na N’Hada

 

S’il fallait un film pour comprendre l’occupation portugaise, la création de la Guinée-Bissau et la faillite qui succède, Nome est sur la liste. Le réalisateur Sana Na N’Hada a déjà quelques films dans la poche et en signe un nouveau très vivant et émouvant. En 1969, une guerre violente éclate entre l’armée coloniale portugaise et les guérilleros du Parti Africain pour l’indépendance de la Guinée. Le personnage principal, Nome, quitte son village pour s’enrôler dans la bataille.

 

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le film ne débute pas directement quand Nome s’en va, on alterne entre son enfance et sa jeunesse pour mieux le connaître. C’est une caractéristique qui rend intéressant le récit du film mais qui peut également fausser la compréhension au début. On découvre qu’enfant, Nome perd son père et doit le remplacer. Parallèlement, on voit le même personnage plus âgé que sa mère traite de « fainéant » et de « bon à rien » à longueur de journée. On pourrait donc avoir de la peine pour ce jeune homme. Mais quand il abandonne Nambu, une jeune fille à qui il a donné un enfant, de peur des représailles, on le porte déjà moins dans notre cœur. À présent, on ne suit plus deux temporalités mais deux personnages différents. Ce changement permet de suivre les parcours séparés et en même temps reliés des deux protagonistes et de rendre dynamique la trame narrative. Après la guerre, Nome revient au village en héros et décide d’aller en ville pour s’enrichir. Alors que pour lui les portugais étaient tous des « méchants », il devient un escroc, ne valant pas mieux que ses anciens ennemis. Maintenant qu’il possède de l’argent, sa mère apprécie nettement plus son fils. Ces deux personnages, pour qui on ressent de l’empathie, ne sont en réalité que des profiteurs.

De l’autre côté, on suit Nambu qui essaye d’encaisser l’abandon de Nome. Après plusieurs mois, alors qu’elle passait un bon moment avec son ami marchand, les portugais arrivent et fusillent tous les africains qui se trouvaient avec eux. Terrifiée, elle s’enfuit dans la forêt mais se retrouve fatiguée car elle commence à perdre les os. Elle donne naissance à sa fille dans les bois mais s’évanouit. Le régiment de Nome la retrouve mais il croit qu’elle est morte et l’infirmière garde juste le bébé. Il y a un contraste entre Nambu et Nome : ils ont tous les deux une vie misérable mais lui se plaint souvent contrairement à elle qui ne dit jamais rien.

 

 

Ensuite, la guerre est un élément fort et présent dans le film de Sana Na N’Hada. Du fait de peu de moyen matériel et technique de l’équipe, il n’y a pas de scène de bataille avec des bombardements ou des hommes qui se fusillent. La guerre est sous-entendue. D’abord par les bruitages mais aussi la musique, également très centrale dans le film. Puis et surtout par les multiples images d’archives qui permettent de rendre réelle cette guerre qui a frappé la Guinée-Bissau.

 

Nome est un film puissant pour sa leçon de vie et aussi ces choix cinématographiques qui ne laisse pas indifférent. Même s’il n’est pas le film novateur du siècle, en ressortant des salles de cinéma, on a forcément un point du vue sur une des situations, sur un des personnages du récit. C’est ce qui rend cette production forte !

 

 

 

Cloé LELIZOUR 

Nome
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