Fireband - Le jeu de la Reine
Quand les femmes renversent le patriarcat
Fireband ou le jeu de la Reine est film crée par le réalisateur Karim Aïnouz et écrient par Jessica et Henrietta Ashworth. Ce thrilleur historique, sortit en 2023 présenté en Compétition au Festival de Cannes, met en scène Catherine Parr (Alicia Wikander), la sixième femme du roi Henri VIII (Jude Law), roi d’Angleterre, dont les précédentes épouses ont été soit répudiées, soit décapitées. Elle vit a ses côtés dans la peur constante de cet homme tyrannique. Avec l’aide de ses dames de compagnie, elle tente de déjouer les pièges que lui tendent l’évêque, la cour et le roi et de sortir de cette torture. Puissamment féminin, ce biopic montre le véritable honneur d’être une femme, en mettant leur atouts en avant, et le déshonneur d’être un homme ne supportant pas la pression psychologique. Condamnées à élever des enfants et être aux petits plaisirs d’un roi instable, mentalement, et supportant l’accouchement, elles se relèvent et combattent les hommes alors qu’eux, en exemple des frères Seymourd (Sam Riley et Eddie Marson) qui cèdent sous la pression momentanée du roi. Une dynamisation entière du patriarcat.
A l’image, la Reine est un personnage extrêmement embellie ; portant des robes plus belles que les précédentes, Alicia Wikander, avec son regard moderne et autoritaire, a réussi à donner un portrait très mélioratif de Catherine Parr, une Reine puissante. Sur beaucoup de plans, elle est centrée et paraît forte malgré sa soumission et le danger permanent qui pèse sur elle ; la réputation d’avoir tué ses six épouses n’inspire guère la confiance pour ce roi.
Elle est en opposition avec son mari. Henri VIII est totalement enlaidie dans ce film. La prestation de Jude Law fascinante a permit de dresser une image répugnante du roi. Il est grand avec un physique fort et imposant et aucune grâce et dépourvu de charisme. Il écœure et aucun élément nous inspire de la compassion pour ce personnage.
Ce n’est pas le seul contrats entre ces deux figures historiques ; le roi se voit atteint d’une pourriture de sa jambe et les infections qui s’en suivent et la Reine doit bientôt subir une des douleurs le plus forte sur Terre : l’accouchement, surtout au XIVe siècle. Depuis la nuit des temps, les femmes ne se plaignaient pas de cette souffrance, parfois charcutière, et de la mort qui peut survenir à n’importe quelle moment alors que les hommes convoquent tous les médecins de son pays pour son cas. C’est un roi très égoïste puisque dans une scène, Catherine, sous les ordres royaux, doit appliquer les verres sur sa jambe malade. Elle exquise un sourire et il l’agresse en lui demandant ce qu’elle trouve de si amusant. Étant tellement centré sur lui, il n’a pas compris que sa propre femme était enceinte. Son héritier arrive bientôt et il l’ignore complètement.
En plus de se plaindre sans cesse, ils sont égoïstes et, exprimer de façon cru, faible. On pourrait croire à la fin du monde quand ils sont simplement blessés. Contrairement à eux, les femmes paraissent fortes peut importe la situation.
Il y a de nombreuses scènes qui sont troublantes, comme celle où il apprend en pleine chasse, la relation interdite de sa femme ; une femme opposante qui plus est. Elle se nomme Anne Askew (Erin Doherty). Dans cette séquence il la terrorise et menace de l’envoyer au bûcher si elle ne respecte pas la fidélité du couple. « Je suis fidèle alors vous aussi. » serait exactement le style de discours qu’il tiendrait, que les hommes tiendraient tous. De plus, la séquence du banquet où il remarque une jeune demoiselle, l’air un peu niais, et qu’il n’hésite pas à la charmer devant sa femme, est assez malaisante. On ressent de la pitié pour Catherine qui subit ce moment et qui voit une insulte à la femme et regardant le comportement de cette jeune fille. Puis il se rassoit et lui sous entend d’être heureuse pour lui. « Je suis heureux alors toi aussi. » alors que son comportement rentre en parfaite contradiction avec le moment ci dessus. Puis les passages médicales ; elle rit de sa souffrance comme une vengeance à ce qu’il a fait subir à ses précédentes épouses. Mais son manque de compassion l’irrite. « Je suis malheureux alors vous l’êtes également. ». Elle est vraiment soumise à son mari et doit satisfaire tous ses caprices de prince « pourri gâté ».
Le jeu des couleurs et des lumières est assez recherché et intéressant. En fonction de la robe que porte Catherine, l’environnement n’est pas le même et la colorimétrie du plan s’adapte. Elle se vêtit de robes bleus,quand l’ambiance est froide par exemple quand le roi rentre de son périple, vertes en pleine chasse ou dans les jardins, jaunes quand elle est remarquée notamment au moment où elle agresse la jambe du roi pour se défendre, signe de danger ou rouges quand elle est imposante notamment au début du film et que les couleurs sont chaudes. Le réalisateur a tout fait pour qu’elle est absolument le contrôle sur tout le film métaphoriquement.
Étant un film historique, les lumières froides et blanches sont à l’affiche pour rappeler le passé. Elles accentuent le climat froid des pays anglo-saxons et l’humidité omniprésente qui causera bien des malheurs comme le ravage des habitants de Londres par la peste. C’est également ce qui a provoqué la moisissure de la jambe d’Henri VIII et la toux permanente d’Anne.
Tous ces éléments permettent de crée en plus une ambiance malaisante.
Clémentine Lelizour 1er04
Catherine Parr portrait attribué à William Scrots, vers 1545 et Portrait du roi Henri VIII par Hans Holbein le Jeune, 1538.

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