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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


L'anatomie d'une chute !

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 31 Mai 2023, 20:00pm

Catégories : #Drame, #Crime, #Policier

L'anatomie d'une chute !

          Un grand coup de cœur pour ce thriller policier dramatique et son réalisme grandiose de Justine Triet qui va vous laisser sans voix. Deux ans après Titane, une nouvelle Palme d'or pour une réalisatrice française ! Justine Triet succède à Julia Ducournau avec Anatomie d'une chute. C'est donc la 3e réalisatrice de l'Histoire à remporter la récompense suprême.

 

          Sandra (Sandra Hüller), Samuel (Arthur Harari) et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel (Milo Machado Graner), vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : Suicide ou homicide ? Un an plus tard, Daniel assiste au procès sa mère, véritable dissection du couple. L’idée était de raconter la chute d’un corps, de façon technique, d’en faire l’image de la chute du couple, d’une histoire d’amour. Avec une vie de couple qui ne parle pas la même langue, qui rendait concrète la négociation entre eux jusque dans le langage, avec l’idée de la langue tierce comme terrain neutre.

 

          L’intérêt du film ne se résume pas au personnage central de Sandra. Tous les protagonistes qui l’entourent prennent une part tout à fait importante dans le récit, qu’il s’agisse du jeune enfant aveugle, de l’avocat, du procureur, et même de la présidente du tribunal. Ils servent la mécanique diabolique de l’univers de la justice où un mot de trop, une approximation peuvent devenir un drame. Certains la voudraient coupables, par colère, jalousie ou haine, quand d’autres lui pardonnent, laissant supposer qu’elle-même était victime des violences de son conjoint; et enfin d’autres la désirent innocentes, tout simplement parce que la justice doit être raisonnable.  Et pourtant, miraculeusement, on finit par éprouver une forme d’empathie pour elle, tout le contraire du procureur par exemple qui ne fait que son travail au service de la vérité.

 

          On retrouve les immenses talents d'acteurs incomparables. Particulièrement, le jeune garçon, Daniel, qui a su montrer les émotions discrètes mais visibles du personnage et également interprété parfaitement sa situation de handicap surtout dans la scène à la fin où il apprend que sa mère est innocentée qu'il ressent un sentiment de soulagement et de bonheur allant à des larmes de joie, du fait que sa mère n'est point coupable cette scène fut très émouvante avec un gros plan rapproché sur son visage. Bravo également a Sandra Hüller qui joue avec un talent magnifique la mère spécialement lors d'une longue dispute avec le père ainsi que lors des procès avec le choix du réalisateur de la langue anglaise, car de par sa difficulté à s’adresser à l'auditoire en français, elle provoque le doute et le suspense chez le spectateur. Un grand remerciement, particulièrement, a un très grand acteur, Antoine Reinartz, j'ai bien aimé son rôle dans La Vie Scolaire, mais alors il est ici parfait en interprétant ce personnage qui veut faire entendre sa vérité et qui ne ménage pas ses efforts pour contrer l’avocat de la défense. Il essaye de convaincre les jurés et son travail n’est finalement pas très éloigné de celui d’un acteur tentant de séduire son public. Ce magistrat est manipulateur, fascinant et menaçant.

 

          Il convient également de souligner les réussites aux ingénieurs son qui ont su montrer de vraies choix de cinéma avec le talent admirable du jeune acteur ayant joué parfaitement une belle et très émouvante mélodie au piano qui suit le fabuleux déroulement du film avec un motif mélancolique est pensé avec malice pour conférer diverses émotions selon son utilisation.

 

         Anatomie d’une chute est un film écrit comme un livre. La caméra qui filme de si près les visages raconte la fabrique d’un roman, comme si le spectateur était entraîné dans la psychologie monstrueuse de ses personnages. Car il y a de la monstruosité dans ce film. À commencer par cette femme, qui parle si mal le français, et semble si distante avec le décès de son mari où tout l’accuse. L’émotion ne survient jamais, ou à peine, laissant traîner en permanence le doute sur sa culpabilité.

 

         Justine Trier a l’intelligence de mettre le spectateur quasiment à la place des jurés qui devront porter une appréciation sur ce crime ou ce suicide, car, au fond, le tribunal est le lieu où notre histoire ne nous appartient plus, où elle est jugée par d’autres, qui doivent la reconstituer à partir d’éléments épars, ambigus. Cette réalisatrice fait preuve d’une maestria constante de mise en scène, avec des performances d'acteurs incroyables et une histoire captivante qui nous accroche tout au long malgré la longueur du déroulement, car le réalisateur a réussi à créer une atmosphère intrigante qui maintient le spectateur en haleine jusqu'à la fin avec l'autopsie captivante des interactions conjugales, parentales et des dynamiques de pouvoirs et manipulations. Ce film dramatique m'a communié de riche de frissonnements en mettant en jeu des sentiments pathétiques et des conflits sociaux ou psychologiques.

 

         Malgré tout, je vous recommande vivement d'aller visionner cette merveille, je recommande ce film à tous ceux qui cherchent une expérience cinématographique unique et mémorable à la densité et complexité passionnante.

 

Romane Parisi

L'anatomie d'une chute !
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