“The footage remains frighteningly wise, even for all audiences if we omit a very quick overview of the criminal talent of our machines”
C’est avec Five Nights at Freddy’s que Emma Tammi, le 8 novembre 2023, offre une occasion aux fans d’horreur de se faire une sortie post-Halloween. Seulement, si cela devait être une soirée épouvantablement effrayante, elle finit épouvantablement ennuyante.
Adapté du jeu d’horreur Five Nights at Freddy's, le film raconte l’histoire de Mike (Josh Hutcherson), un jeune homme perturbé par la disparition jamais élucidée de son petit frère, survenue il y a une dizaine d’années, où il est le seul témoin. Afin de ne pas perdre la garde de sa petite sœur Abby (Piper Rubio), Mike, récemment licencié, va accepter un poste de gardien de nuit dans un restaurant désaffecté : Freddy’s Fazbear’s Pizza où il fera la rencontre de Vanessa Afton (Elizabeth Lail), une agent de sécurité semblant un peu trop bien connaître les lieux. Seulement, dans les années 1980, malgré sa réputation pour ses animatronics Freddy, Bonnie, Chica et Foxy, une tragédie causera sa fermeture: la disparition de cinq enfants. Essayant de fouiller dans sa mémoire à la recherche du kidnappeur de son petit frère, sa quête sera interrompue par les animatronics qui, une fois la nuit tombée, essaient d'assassiner toutes les personnes présentes dans leur restaurant.
Etant une grande fan de film d'horreur, j'attendais avec impatience ce film à la bande annonce plus que convaincante et aux critiques très bonnes. Seulement, quand je fus assise dans mon fauteuil en face du générique, la déception était clairement visible sur mon visage. Ce n'était pas un film d'horreur que j'avais en face de moi, mais un film tout public, littéralement. La seule chose horrifique de ce métrage: sa sagesse en jumpscares, censé conquérir le cœur des amateurs de film d’horreur.
Personnellement, je le qualifierai même de pudique en termes d'éléments horrifiques. Alors que le jeu était violent et sanguinolent, nous voilà en présence des animatronics, construisant une cabane au milieu du restaurant avec celui censé être leur ennemi, Mike. Uniquement deux scènes dans le film nous prouve réellement la mort de quelqu'un : l'ombre de Freddy "coupant en deux" une de ces victimes, et des hurlements derrière une porte, dont sortira plus tard Bonnie. Et c'est le chant de Foxy avant d'attaquer quelqu'un qui sauve ce film d'une bande son plus que décevante ! C'est ainsi que Emma Tammi nous offre ce cadeau empoisonné à 10 euros : une version pas si meurtrière que ça des Bisounours.
Si ce n'était que le manque sérieux d'horreur qui aurait gâché le film, on aurait rien dit. Malheureusement, le scénario n'en est pas moins glorieux. Alors que le jeu suit l'histoire d'un agent de sécurité tentant de survivre à la mort, le film, lui, suit un homme tourmenté par ses rêves. En effet, Mike passe plus de temps à dormir qu'à affronter ses réels "ennemis", se contentant de parler aux enfants morts des années 1980 possédants les animatronics et essayer de se rendormir pour leur reparler encore et encore de son frère disparu. Nous avons à faire ici à un bouche trou pour combler les cinq nuits de Mike chez Freddy's. Le scénario est prévisible, ayant la grande gentillesse de nous prévenir 5 minutes à l'avance lorsqu'une action dites "effrayante" va avoir lieu.
De plus, l'histoire de la méchante tante voulant arracher Abby à Mike, car celui-ci est un incapable de s'occuper d'elle, est uniquement là pour créer la colère d'Abby contre son frère et ainsi permettre aux animatronics de s'en prendre à Mike... Mais sans grand succès. Encore une panne de scénario qui a engendré 20 minutes de scènes inutiles au déroulement de l'histoire !
*SpringTrap and the kidnapped kids
Je finirai cette critique sur une notre positive. En effet, outre les nombreux aspects scéniques défectueux de ce film, un effort costumes et décors est clairement visible. C'est avec une finesse particulière que les décorateurs ont recréé le lieu du jeu, si ce n'est en mieux. Des détails sur des vitraux jusqu'au sol semblable à celui du jeu, la scène où se cache les animatronics et bien entendu la salle de l'agent de sécurité. Chaque détail est passé au peigne fin et donne un rendu plus que convaincant.
Enfin, comment parler du film Five Nights at Freddy's sans parler des costumes des animatronics ? Créer de toute pièce pour le film, les tenues de Chica, Bonnie et Freddy sont de véritables marionettes ! Contrôlées par une personnes cachée à l'intérieur, cela nécessitait une grande organisation et synchronisation. Pour Foxy, sa tête et son corps devaient être indépendamment contrôlés en dehors de l'animatronic, ne pouvant accueillir une personne. En effet, la corps étant trop abîmé, cela devait se faire via les backstages des scènes comptant au total plus de 6 marionnettistes pour les scènes de course !
C'est ainsi que Emma Tammi nous sort une pâle adaptation du jeu d'horreur Five Nights at Freddy's, négligeant l'histoire et l'horreur au profit d'excellents décors et costumes. Les fans du jeu sont bien entendu déçus de ne pas avoir obtenu un film digne de la qualité de l'univers d'origine du jeu. Cependant, cela n'a pas empêché au film de devenir l'un des films d'horreur ayant le meilleur démarrage de l'Histoire du studio de Jason Blum et Blumhouse avec plus de 215 millions de dollar au box office.
Nina Hutin, 1°3.

/image%2F0198838%2F20231122%2Fob_828f99_483bbd1a44bac14ea18089a7d7b68116.jpg)
/image%2F0198838%2F20231122%2Fob_f8b1d1_958c63a935894b0afb9ce59175438ce5.jpg)
/file%2F0198838%2F20231122%2Fob_a6b5be_moviemci.webp)
/image%2F0198838%2F20231122%2Fob_494394_e12f5c441e2f67900bcc23ee0fcfd5a2.jpg)