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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Vermines - Sébastien Vaniček

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 24 Février 2024, 14:11pm

Catégories : #Horreur

Vermines - Sébastien Vaniček

Après plusieurs années à visualiser les films d'horreur médiocres proposés au cinéma ou sur les plateformes de Streaming, les fans d'épouvante commençaient à désespérer. Jusqu'au 27 décembre 2023 où Sébastien Vaniček nous offre le plus beau des cadeaux de Noël : un film d'horreur qui fait vraiment peur : Vermines. Cela est d'autant plus surprenant lorsque l'on apprend que c'est son premier long-métrage et qu'il arrive à réaliser et créer une merveille pareille ! Un scénario original et des plans qui nous font frissonner.

On suit alors l'histoire de Kaleb (Théo Christine), un habitant d'une tour d'habitation de banlieue parisienne. Alors qu'il est en conflit avec son meilleur ami et sa sœur, il traverse une grande période de solitude. Etant un grand passionné d'animaux exotiques et atypiques, il achète à un de ces amis une araignée venimeuse qui va échapper à sa vigilance et se reproduire dans tout son immeuble. Placés à l'isolement, les habitants doivent faire face à des araignées dont la taille accroît et le nombre augmente à une vitesse impressionnante. 

Vermines - Sébastien Vaniček

Comparé à de nombreux films d'horreur utilisant les araignées comme sujet principal (Tarantula, Arachnophobia, Arac Attak), Sébastien Vaniček et son co-scénariste Florent Bernard marquent la présence des araignées d'une manière définitive. En effet, au lieu de montrer seulement quelques bestioles et des cadavres, ils listent leur particularité à l'écran : elles s'infiltrent partout, sont mortelles, et se reproduisent en masse, par des éléments visuels du film remarquables. Le réalisateur a choisi d'utiliser de vraies araignées sur le tournage pour la plupart des scènes, assumant parfaitement le fait qu'on ne devait pas tout voir pour générer la peur chez le spectateur. Un choix plus que judicieux lorsque, une fois dans notre siège face au grand écran, des milliers de frissons nous parcourent le corps à la simple vision d'une forme à huit pattes. Parfois, plusieurs plans d'araignées réelles et d'autres, en effets spéciaux ont été assemblés pour créer un effet de masse, grâce à une technique de composition. D'autres plans, comme cette scène dans une cave où la caméra recule et tourne sur elle-même, révélant des tas d'araignées et de toiles, ont été entièrement réalisés par design 3D. Ils ont mis en mouvement quelques araignées en en laissant beaucoup immobiles, créant ainsi l'impression d'un couloir vivant. Une scène marquante du film, contribuant grandement à l'atmosphère angoissante.

Pour le look des créatures, le réalisateur a choisi de se démarquer en utilisant une espèce d'araignée venue du Laos, la Heteropoda maxima. En effet, les films d'arachnides utilisent généralement des tarentules ou des mygales comme modèles pour les antagonistes.

"Le son, c'est 80% du film pour moi."

Sébastien Vaniček

Les éléments sonores sont également soigneusement choisis pour renforcer l'immersion dans l'horreur. La bande son étant une chose essentielle et indispensable dans un film pour Sébastien, il en use sans parcimonie. Il a voulu rendre un hommage à la culture urbaine de laquelle il est issue en intégrant de nombreux morceaux de rap français. De plus, il a choisi, pour la plupart, des artistes qui, comme lui, sont partis de rien et ont réussi à se démarquer seul. Vermines séduit ainsi le jeune public avide de sensations fortes.

Dans une interview donnée à Première, il explique que les séquences musicales sont utilisées ici comme des bascules dans le film, un peu comme du chapitrage, afin de scinder les différentes phases de l'histoire du long métrage. L'utilisation des violons accentue les moments de stress élevés et les grincements métalliques, même subtils donnent l'impression que le bâtiment sombre tel le Titanic, contribuant ainsi à l'ambiance oppressante des scènes.

Vermines - Sébastien Vaniček

La distribution du film, lors d'interviews diverses, a affirmé que Sébastien Vaniček était un réalisateur flexible, créant ses personnages en faisant confiance aux acteurs pour les "habiter" une fois le casting choisi. Le tournage du film, étant d'une atmosphère calme et libre, permettait de ressentir à l'écran, une forte connexion entre les acteurs et surtout des rôles purement appropriés par leurs hôtes. Une merveille à regarder surtout lorsque les films d'épouvante ont tendance à être sur-joués et pas très réalistes. De plus, le tournage se déroulant seulement dans l'immeuble, l'équipe a été isolé presque 30 jours sur les plateaux, renforçant grandement le lien entre eux.

Le point fort de Vermines : l'histoire ne tourne pas autour du pot et plonge directement le spectateur dans un huis clos oppressant, typique du genre survival. De plus, le film aborde des thématiques actuelles, notamment la réalité de la banlieue et les tensions sociales, en les intégrant habilement à l'intrigue. En effet, Sébastien Vaniček dévoile une certaine réalité de la police en banlieue. Il y a les "vermines" d'un côté, représentés par les jeunes de cité, et la police d'un autre côté, adepte du "on tape d'abord, on discute après", très représenté à la fin du film. Le séquence où Kaleb et sa bande croisent les policiers en haut de l'immeuble, armes pointées sur eux et sans possibilité de dialogue marque les problèmes de différence sociales touchant personnellement Sébastien. 

Autre sujet tenant à cœur au réalisateur : la maltraitance et l'exportation animale. En effet, en plaçant ici Kaleb comme l'antagoniste de ce problème, il démontre que l'exportation d'animaux exotiques dans des environnements non propices est une faute grave qui ne devrait pas arriver et qu'on en vient à rejeter la faute sur ses bêtes qui tentent de s'adapter à leur habitation forcé en les tuant alors que le problème, ce sont ceux qui les déplacent.  

"Je l’ai écrit, je sais où il va aller, je sais comment il doit y aller, maintenant c’est le tien."

Sébastien Vaniček

En conclusion, Vermines est une réussite dans le genre de l'horreur, offrant une expérience terrifiante grâce à ses choix visuels et sonores audacieux, ainsi qu'à son exploration intelligente de thèmes contemporains. Il entre et se démarque dans le "genre du cinéma français" tandis que Sébastien Vaniček fait une entrée remarquée dans le monde du cinéma international. Avec ce premier long-métrage à succès, il promet de hanter les esprits longtemps après la fin de la projection.

Nina Hutin, 1°3

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