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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Vingt Dieux

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 20 Février 2025, 13:30pm

Vingt Dieux

Un film qui sort des codes du cinéma, tant par l’histoire que par le travail de production et de post-production. Vingt Dieux de Louise Courvoisier, se démarque du paysage cinématographique commun. Totone (Clément Faveau), jeune adulte qui vit dans la campagne, passe une grande partie de son temps à boire et à faire la fête avec ses amis. Suite au décès de son père il se retrouve livré à lui-même, avec sa petite sœur à charge. Il doit alors trouver un moyen de gagner sa vie pour subvenir à leurs besoins. Lorsqu’il entend parler d’un concours du meilleur comté, il se met en tête de réaliser le meilleur comté de sa région pour remporter 30 000€. Lui qui n’a jamais fait de fromage de sa vie va se lancer ce défi fou, aidé de ses amis. Un film profond, qui nous raconte la vie rurale de manière réaliste, loin des clichés.

Pour commencer, nous pouvons noter que ce film tente d’être au plus proche de la réalité. Un choix important, celui du casting, permet de rendre le film le plus réaliste possible. En effet, il a été fait dans un lycée de campagne, les acteurs n’ont donc pas été choisis pour leur réputation ou leur expérience et cela apporte une touche plus naturelle à l’histoire.

Dans ce film il y a une indéniable mise en valeur de la nature. Tout d’abord, il est impossible de ne pas remarquer le premier plan du film, qui est tout simplement sur une vache ! C’est très inhabituel et cela nous met instantanément dans l’ambiance du long métrage. Ensuite, tout au long du film nous pouvons observer une forte prédominance de la couleur verte. On la retrouve beaucoup dans l’herbe, les arbres et les champs, mais aussi dans certains mobiliers d’intérieur qui portent cette couleur. Par ailleurs, la lumière du film est la plupart du temps d’origine naturelle, les quelques plans en intérieur sont éclairés par les fenêtres et l’extérieur, ou sont plutôt sombres. De plus, le long métrage comporte de très nombreux plans contemplatifs, des plans d’ensemble de la nature, notamment lors des déplacements. Ces déplacements ne sont d’ailleurs jamais réalisés par une voiture, excepté celle du père au début du film. Il s’agit généralement de motos, ou de tracteurs, et plus rarement, de camions. Si la nature est mise en valeur dans le film, elle ne peut être présentée sans la liberté qu’elle apporte. Et cela est ressenti par le faible nombre de plans dans des espaces fermés. En outre, nous pouvons revenir sur les déplacements mentionnés précédemment qui sont très nombreux et appuient l’absence de barrières dans la vie menée par l’adolescent.

Le film n’est pas seulement une mise en valeur de la nature, il raconte bel et bien une histoire, celle de Totone. Ce personnage connait une grande évolution tout au long du récit. Au début il est un adolescent comme les autres, il fait la fête avec ses amis et ne soucie pas de ce qui pourrait lui arriver. Mais c’est lors d’une fête que sa vie va prendre un tournant. Il dit à son père, complétement saoul de rentrer en voiture, mais ce dernier n’arrivera jamais jusqu’à chez lui. Il perd la vie dans un accident de voiture. Totone est alors soudainement livré à lui-même, sans source de revenu et avec une petite sœur à s’occuper. Cette rupture est marquée par l’absence de voiture dans le reste du film. Ensuite, quand son père était encore vivant, il rejetait ce qu’il faisait. Finalement après sa mort, il décide de faire la même chose, et de reprendre l’activité de son père afin de gagner sa vie. Après un premier travail qui n’a pas abouti, il entend parler d’un concours qui récompense le meilleur comté de la région, le vainqueur remporte une somme considérable. Il décide alors de se lancer dans la fromagerie, comme son père. Il n’a aucune expérience mais va tout faire pour réussir. Nous pouvons également noter qu’à la suite du décès de son père, il s’abandonne dans la cigarette, l’alcool et la fête jusqu’au bout de la nuit. Il ne prend pas soin de sa petite sœur et ne s’investit pas dans son premier travail. Ce n’est qu’après s’être mis en tête de fabriquer le meilleur compté du juras que tout ce qui se rapproche de la cigarette, l’alcool ou même les fêtes d’adolescents, disparait du film. On remarque qu’il est aussi beaucoup plus attentionné envers sa sœur.

Pour finir, la fin du film interroge. L’échec du projet de Totone n’est pas si important, il semble avoir trouvé un sens à sa vie. Il se rend à la course de voiture de celui qui était l’un de ses amis mais avec qui il s’était disputé et qu’il n’avait pas revu. Ce dernier rencontre un problème technique durant la compétition, Totone décide alors d’aller l’aider. Son ex-ami finit donc par gagner la course, il envoie alors sa sœur fêter la victoire avec le vainqueur. Lui, pourtant ne se joint pas à la célébration et commence à quitter les lieux, sans sa sœur. Or, plus tôt dans le film, lui et son ami ont une discussion durant laquelle Totone semble s’assurer que s’il lui arrivait quoique ce soit, sa sœur serait entre de bonnes mains. De plus, lorsqu’il commence à s’éloigner, il est interpelé par une jeune femme avec qui il a eu une relation amoureuse. Mais après une dispute virulente les deux se sont séparés et ne se sont plus reparlés. Durant la dernière scène du film, cette dernière lui montre ses seins. Une fin ouverte qui laisse au spectateur le choix de ce qu’il veut imaginer pour la suite de la vie de Totone.

Pour conclure, je recommande ce film que j’ai trouvé très profond et qui déconstruit les clichés autour de la vie dans la campagne. Il est débordant de vérité et se démarque du cinéma commun. A visionner sans modération !

Lou-Anne Bizet TG04

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