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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Les enfants de la résistance

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 1 Mars 2026, 10:30am

Les enfants de la résistance

Comment raconter l'un des chapitres les plus sombres de notre histoire sans le trahir, tout en le rendant accessible à la jeunesse ? C'est le défi qu'a relevé Christophe Barratier, le réalisateur des Choristes, en adaptant au cinéma la célèbre bande dessinée Les Enfants de la Résistance, vendue à plus de 2,5 millions d'exemplaires. Verdict ? Un film imparfait mais sincère, qui touche par sa volonté de transmission malgré quelques maladresses. Le film suit François, Eusèbe et Lisa, trois enfants qui décident de résister à l'occupation allemande dans leur petit village. Entre distribution de tracts et petites missions, ils vont vite se retrouver mêlés à des actions plus dangereuses.

 

Dès les premières minutes, le soin apporté à la reconstitution historique saute aux yeux. Les décors collent parfaitement à l'esthétique du XXe siècle et les paysages sont littéralement à couper le souffle. Mais c'est surtout dans les petits détails que le film excelle : le réalisateur montre avec une subtilité remarquable le renforcement progressif de l'occupation allemande. Inutile de multiplier les uniformes et les chars, quelques détails comme un simple drapeau français qui disparaît pour laisser place à l'étendard nazi suffisent à faire comprendre la réalité de l'oppression qui s'installe. La musique, composée par Philippe Rombi, accompagne parfaitement l'atmosphère du film grâce à des instruments à cordes qui renforcent l'émotion sans jamais en faire trop.

 

C'est du côté de l'interprétation des personnages que l'avis est plus partagé. En effet, si Lucas Hector incarne avec justesse François, ce petit garçon impulsif et fidèle à la bande dessinée, ses deux compagnons déçoivent quelque peu. Lisa, interprétée par Nina Filbrandt, semble trop souvent dans la provocation gratuite, comme si elle ne mesurait pas que la guerre n'est pas un jeu. Quant à Eusèbe (Octave Gerbi), il donne parfois l'impression de n'être là que pour respecter le trio de la BD, sans véritable utilité dans l'intrigue.

 

Heureusement, les adultes viennent contrebalancer ces faiblesses. Artus, dans un rôle plus dramatique que ce à quoi il nous a habitués dans Un p'tit truc en plus, est une véritable révélation. Son personnage tourmenté s'exprime à travers ses silences et ses gestes, apportant une profondeur inattendue au film. Gérard Jugnot, qui incarne le curé Proslier, apporte lui aussi sa touche personnelle avec l'humour qu'on lui connaît depuis Les Bronzés font du ski. La scène où il arbitre un match de football opposant les enfants aux soldats allemands est hilarante, rappelant que même dans les pires moments, l'humain peut trouver de la légèreté. Le film montre aussi que les collaborateurs ne sont pas dénués d'humanité. Julien Arruti, dans le rôle de Germain, livre une prestation magnifique. Sans avoir besoin de grands discours, il arrive à travers ses simples regards à nous montrer les peurs et les doutes de son personnage. Ça apporte une vraie nuance, rappelant que tout n'était pas tout noir ou tout blanc à cette époque.

 

Le principal défaut du film réside sans doute dans son rythme. La mise en place est longue, et le spectateur met du temps à entrer véritablement dans l'histoire. Quelques scènes semblent d'ailleurs peu réalistes, comme celle où François se cache dans le charbon, frôlant l'invraisemblance. Pourtant, Barratier réserve le meilleur pour la fin. Sans rien dévoiler à ceux qui n'auraient pas lu la BD, disons simplement que le choix du réalisateur de couper l'histoire à se moment là est ingénieux. Cette conclusion, émouvante, provoque des sentiments bien plus forts que tout ce qui a précédé. Elle justifie à elle seule la lente immersion des premières minutes.

 

Bref ce n'est peut-être pas un chef-d'œuvre, mais c'est un bon moment de cinéma.

 

Maya COLLETTI

 

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