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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Parasite - Version noir et blanc

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 26 Février 2020, 13:59pm

"Une comédie sans clown, une tragédie sans méchant"

"Une comédie sans clown, une tragédie sans méchant"

PARASITE

Difficile que vous n’en ayez pas entendu parler… Après sa palme d’or à Cannes en 2019, Parasite, le film Sud-Coréen de Bong Joon Ho, revient avec quatre Oscar cette année. Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleur film étranger. 2h10 de film sur une histoire délirante et très originale. Bien que le film soit un thriller, il révolutionne complètement avec l’idée que l’on peut s’en faire en passant du comique à l’horreur sans problème. L’humour est très présent et fonctionne bien. Lorsque qu’il s’estompe pour laisser place à une ambiance plus noir, des touches d’absurdes persistent, ce qui donne toute sa singularité au film. La fin est particulièrement intense en émotions puisque ce long-métrage va crescendo dans la violence des actions. Le scénario est d’ailleurs très surprenant et les rebondissements ne manquent pas. Même si l’on reste dans le genre de la fiction, le réalisateur ne manque pas de dresser une forte critique sociale au sein de son film. La famille Kim et la famille Park, sur lesquels se concentre l’intrigue, sont deux familles dans des situations radicalement différentes. L’une vit dans les sous-sols de la ville, l’autre est propriétaire d’une villa issu d’un célèbre architecte. Ki-Whoo, le fils de la famille Kim est le premier à être embauché au service de la richissime famille Park grâce à l’un de ses amis étudient. Après sa rencontre avec les Parks, le jeune homme profite de la situation pour faire engager petit à petit chacun des membres de sa famille, jusqu’alors au chômage. S’ensuit des machinations ayant pour but de déloger les employés au profit de la famille Kim, devenant de véritables usurpateurs et escrocs. Le réalisateur nous montre jusqu’où les humains serraient prêt à aller pour l’argent, il dresse une véritable satire de notre société en déplorant les inégalités sociales qu’elle produit. Lorsque l’ancienne gouvernante réapparait sous prétexte d’avoir oublié quelque chose lors de son départ précipité, on ne s’attend pas à la découverte que les Kim font à son sujet. À la suite de cela, la situation dérape, devient incontrôlable et terrifiante… Personne ne sort indemne de cette histoire. L’originalité de Bong Joon Ho avec son film Parasite, est de nous proposer un film d’auteur à destination du grand public.

Si je vous parle aujourd’hui du film longtemps après sa sortie, c’est que j’ai eu la chance de la revoir récemment lors d’une projection spéciale en noir et blanc. L’idée est originale et on ne peut pas contester la réalisation. Les dialogues se voient presque renforcés par cet effet et le noir et blanc accentue la noirceur du film et l’idée d’enfermement et de confinement des personnages. Aussi l'affiche crée pour l'occasion affiche ce slogan : "personne n'est tout noir ou tout blanc", qui caractérise bien l'idée retranscrite par le scénario en dévoilant des personnages ayant chacun leur part d'ombre. Pourtant, s’il s’agit de comparer entre les deux versions, la couleur originale du film m’apparaît comme bien trop importante. Il est dommage de perdre le contraste que l’on pouvait observer entre les deux familles, à savoir, pour les Park, une maison très éclairée, dans la lumière avec un gazon verdoyant, symbole de la prospérité et de l’autre des teintes plus grisâtres pour la famille Kim, qui vit difficilement. Le tampon rouge du faux diplôme comme la sauce tomate rouge qui tache le mouchoir pour faire croire à la tuberculose de la gouvernante sont des éléments importants et l’absence de couleur vis-à-vis du petit dernier de la famille Park qui se voue à l’art et au dessin est regrettable.

Pour conclure, Parasite c’est : « Une critique sociale poignante, un scénario puissant et une réalisation impeccable, tout est réuni pour avoir un chef-d’œuvre », mais préférez le film en couleur pour appréciez l’intensité des contrastes.

Marguerite Maxit

 

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