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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


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les intranquilles

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 20 Février 2022, 22:43pm

Catégories : #Drame

« Les intranquilles » est un long métrage de 1h58 réalisé par Joachim LAFOSSE et produit par Juliette GOUDOT et Anne-Lise MORIN. Il est sorti très récemment, le 20 octobre 2021. 

 

Ce film retrace les épopées d’une famille : Leila, la mère, a un mari bipolaire, Damien. Ceux-ci ont un petit garçon d'environ 10 ans : Amine. Les trois protagonistes s’aiment beaucoup, ce qui crée un esprit familial sincère et touchant. La maladie du père va atteindre Damien, évidemment, mais aussi ses proches et particulièremment sa femme qui peine à le gérer. Le titre du film fait référence à ce sentiment : ce n’est pas seulement le malade qui est touché mais bien lui et son entourage. « Les intranquilles » montre que ce n’est pas que Damien qui est intranquille car le titre est mis au pluriel, c’est donc la famille qui est considérée comme intranquille face à la bipolarité du père. Ce titre prouve bien la solidarité et l’union familiale sincère. Damien refuse de prendre son traitement malgré les nombreuses tentatives de Leila, celui-ci refuse aussi d’aller se soigner à l'hôpital. Durant ses crises, Damien peut avoir des réactions violentes et brutales. La maladie du père va créer la maladie de la mère : la peur, l’angoisse et le stress constant. Pourtant, l’amour l’emportera dans ce scénario. Damien exprime sa sensibilité à travers son métier qui sera pour lui une source de stress et d’introspection : il est peintre. 

Ce long métrage illustre les différentes épreuves que vont traverser la famille intranquille. Le scénario, écrit par Joachim LAFOSSE, est basé sur des faits réels de son passé, ce qui le rend d’autant plus touchant. 

 

Tout d’abord, à travers ce film la place de l’art obtient une grande importance. Ici, la bipolarité de damien se fait ressentir  subjectivement dans ses œuvres réalisées. En effet, la question de l’art dans la maladie psychique de Damien est primordiale et mise en avant tout au long du film. Cela pourrait nous amener à nous questionner sur des clichés comme “les artistes sont-ils fous ?” Dans ce long métrage, le protagoniste exprime sa sensibilité dans ses peintures, il illustre aussi son amour pour Leila en la peignant à un moment du film. Dans ses œuvres, Damien parvient à développer, exprimer sa bipolarité pesante à travers ces divers traits de couleurs sur ses toiles. La place de l’art a donc une grande place qui permet de pouvoir cerner le père sous un angle plus sensible. 

 

Le scénario «des Intranquilles» se rapproche de celui de La forêt de mon père de Véronique CRATZBORN de 2020. Le rôle du père souffrant dans ce film reflète celui de Damien, les deux mettent inconsciemment en danger leur famille,et les deux restent malgré tout par amour. 

 

Dans « Les intranquilles », on retrouve une sorte d’inversion de deux personnages : le père et le fils. Le père, joué par Damien BONNARD, et le fils, joué par Gabriel MERZ-CHAMMAH ont une certaine inversion de rôle dans la narration du long métrage. En effet, Damien a souvent des comportements enfantins dus à sa maladie alors que son fils, Amine, est un petit garçon très sage et sérieux pour son jeune âge. On a ici une sorte d’inversion des rôles considérés comme “habituels”, le fils surveille le père. La question du corps ressort donc logiquement, le corps concorde-t-il avec l'âme et son âge ? 

Le role de la mère possède aussi un role important dans l’union familial, Leila, jouée par Leila BEKHTI, est représentée comme une femme forte et courageuse qui se bat pour obtenir un cadre familial stable. Ce rôle de la mère prête à tout pour sauver ses proches est aussi présent dans plusieurs films de Xavier DOLAN comme Mommy. 

 

Leila, en plus de faire preuve de courage et de volonté, fait preuve d’une grande patience qui est marquée sur le plan technique du film. En effet, la patience de la mère est illustrée dans plusieurs plans longs voir des plans séquences qui marquent l’aspect temporel. A travers ces plans on voit l’importance du temps dans le film, ici, le caractère de la mère se lie à la réalisation du film afin de mettre en avant ce trait de caractère. Pour illustrer cette interprétation, le plan séquence quand les trois protagonistes sont dans la voiture prouve cette notion du temps. En effet, cette séquence dans la voiture montre la patience de Leila, mais elle met en avant aussi l’amour de la famille. La séquence est habillée de la musique de Nicoletta « Idées noires » dont le titre renvoie aux idées bipolaires de Damien. Les paroles, que les amoureux chantent avec avidité, reflètent l’avenir qui leur est réservé, comme s' ils annoncent leur futur inconsciemment.  “J'veux m'enfuir, tu ne penses qu'à toi

J'veux m'enfuir, tout seul tu finiras” sont les paroles de la chanson qui définissent le lien entre les deux amoureux. Pendant ce temps, Amine, le fils, regarde ses parents heureux, le sourire aux lèvres, ne sachant pas réellement ce que l’avenir leur réserve. 

 

De plus, l’environnement est mis en avant dans ce long métrage. Les divers paysages australes reflètent un lieu de vacances où l'on viendrait pour s’y reposer. Il y a donc ici un contraste entre le lieu où vit la famille et ce qu'engendre la famille en question. L'environnement est marqué par la présence de la mer, du soleil, de la nature fleurie,... Les couleurs plutôt saturées dans ce film marquent en plus ces horizons vacanciers. 

 

Au niveau des plans dans ce film, un aspect m’a plutôt marqué : l’utilisation des gros plans. Il y a plusieurs gros plans fixes sur les différents visages des protagonistes dans «les Intranquilles». Cette technique permet de mettre en avant les expressions faciales des acteurs qui vient prouver leur “intranquillité”. Il n’y a aucun plan subjectif pour, justement, appuyer sur cette manière de filmer qui vient habiller les visages de plusieurs expressions diverses. Par exemple, les gros plans de Damien quand il peint une œuvre nous montre son grand intérêt pour cette discipline et la grande sensibilité qu’il y porte. 

 

Pour terminer sur ce film, c’est pour moi une réalisation touchante liant amour et désespoir. La place de la maladie dans l’art me touche particulièrement. Et le sujet de la bipolarité considéré encore comme tabou est très bien mis en avant par le réalisateur surement parce que ce sujet le touche personnellement. Je conseille ce film, et c'était plaisant et enrichissant d’avoir pu échanger avec le réalisateur durant le festival de cinéma à Turin où nous avons eu la chance de le visionner. 

 
Thelma le roux T4
 
 
 
 
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