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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Illusions perdues - Lorsque l’économie cynique se dissimule sous la magnifique façade de l’art qui sert d’arme.

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 1 Décembre 2022, 19:59pm

Catégories : #Drame

Ne voyez dans les hommes, et surtout dans les femmes, que des instruments. Mais ne le leur laissez pas voir. - Illusions perdues (1837-1843) de Honoré de Balzac

https://www.dicocitations.com/reference_citation/2815/Illusions_perdues_1837_1843_/0.php

ILLUSIONS PERDUES

co-écrit et réalisé par Xavier Giannoli

Lorsque l’économie cynique se dissimule sous la magnifique façade de l’art qui sert d’arme.

 

« Il avait cessé d’espérer », commente une voix off, « Il allait pouvoir commencer à vivre. » Voilà une des phrases importantes de l’adaptation ambitieuse de Illusions perdues de Balzac (1837), réalisée par Xavier Giannoli. C’est un film dramatique français, sortie en 2021. Il remporte de nombreux prix, dont sept César en 2022 et, parmi ceux-ci, celui du meilleur film.

Nous sommes au XIXe siècle, et, Lucien de Rubempré, né Chardon, est un jeune poète idéaliste, sans fortune qui vit à Angoulême travaillant dans une modeste imprimerie. Sa relation avec Louise de Bargeton, une jeune bourgeoise mariée, est l'occasion de monter à Paris pour y satisfaire ses ambitions de poète. Il y rencontrera diverses personnes importantes qui lui feront découvrir le vrai visage de Paris comme un écrivain célèbre, Nathan d’Anaztasio (Xavier Dolan), ou un journaliste opportuniste, Étienne Lousteau (Vincent Lacoste) ou encore un grand Éditeur, Dauriat (Gérard Depardieu) et le pire de tous ces personnages, Singali (Jean-Francois Stévenin). Bientôt livré à lui-même dans cette ville trépidante et cruelle, il va découvrir que la vie littéraire, intellectuelle et artistique n'est que la façade d'un vaste système économique cynique.  L’intérêt de l’art des parisiens ou des artistes est hypocrite. « Tout s’achète et se vend, la littérature comme la presse, la politique comme les sentiments, les réputations comme les âmes ». Grâce à sa belle plume, il entame une ascension dans le journalisme et la critique des œuvres littéraires, au sein de la haute société parisienne. Mais ce système cruelle et manipulé va se retourner contre lui.

C’est une histoire qui traverse les époques puisqu’elle suit les Hommes. Ils sont cupides, pingres, opportunistes, hypocrites, cruels, manipulateurs, lâches, jaloux, exécrables… et pourtant ils possèdent tous un génie extraordinaire quand il s’agit de rabaisser et et de détruire quelqu’un. C’est film qui évoque beaucoup l’injustice du monde dans lequel nous vivons. Nous devons nous battre pour faire de belles choses et empêché que des personnes horribles nous fassent échouer. Dès quelqu’un de différent et qui paraît insignifiant, sort du lot et réussi à s’enrichir et à devenir important, cela bouleverse le piédestal des autres et ils ne le supportent pas. Ils vous souhaitent la bienvenue dans leur monde cruel et ils insinuent clairement que vous n’y resterez pas longtemps. Mais d’un autre côté, ils ont peur. Peur de la critique et du déshonneur. Alors ils payent d’autres personnes pour faire tomber leurs rivaux. C’est si lâche et tellement à l’image de l’humanité. En définitive, l’injustice, l’hypocrisie, et l’abus du pouvoir, qui passe par l’argent, sont les sujets importants traités dans ce film.

Le film commence par une séquence sur Lucien, assis sur une chaise, dans un champ, à Angoulême, entrain d’écrire avec son cœur et sa belle plume, ses doux poèmes. Il savoure la vie. On s’imagine un film plutôt charmant et idyllique, mais quand les premières paroles de la voix off (Xavier Dolan) s’expriment, avec une voix grave et sérieuse, on comprend que la vie de ce jeune poète n’aura pas toujours été aussi paisible. Ses illusions ne resteront pas longtemps avec lui. Tout au long du film, la voix off suit Lucien durant son aventure hors norme à Paris ; elle nous décrit la situation actuelle et nous prévient implicitement des potentiels dangers. Elle a chaque si bien introduite et si envoûtante qu’on a toujours envie de l’écouter. Elle introduit souvent des personnages comme Singali, un homme fortuné qui terrorise les artistes pour ses manipulations d’acclamation dans les salles de spectacle, et Doriat aussi, qui est l’éditeur principal de Paris. Cela évite les scènes d’exposition qui pourraient ralentir le rythme.

Puisque que nous sommes dans le son, non seulement la voix off accentue la gravité des actions, mais la bande-originale également.  Elle est gérer par Varda Kakon (supervision musicale) mais elle utilise des titres classiques du 19e (Guillaume Lekeu, Franz Schubert), ou plus anciens (Jean-Philippe Rameau, Vivaldi, Henry Purcell). Avec ses violons et autres instruments classiques du XIXe siècle, elle nous submerge complètement dans l’ambiance de cette époque. Agitée, cruelle, idyllique, trépidante, injuste, et pleine d’espoir mais aussi malheureuse. La musique est vraiment puissante et touchante. Elle apparaît toujours au bon moment. Par exemple, quand les deux comédiennes Coralie (Salomé Dewaels) et Florine (Candice Bouchet), réputés sur le boulevard, s’apprêtent à joué et qu’elles apprennent que Singali a été payé pour remplir la salle de « siffleurs » (personnes payées pour saboter une représentation), et que Loustaud, au côté de Lucien qui dépassé par les événements, recherche cet homme pour sauver la pièce de son amante. Cette scène est vraiment intense et nous sommes comme Lucien, complètement perdu face à cette situation typique de Paris mais inconnu pour les étrangers.

Les couleurs aussi ont leurs place dans ce film. Elles varient entre le bleu terne, qui décrit une scène dramatique et sans espoir, et le jaune lumineux, si la scène est heureuse et que les personnages sont comblés.Le jaune rappelle l’or et l’or rappelle la richesse. L’argent a une place capital dans le film puisqu’il a l’origine des illusions de Lucien. Il fait l’importance des gens et leur donnent le pouvoir et il fait le malheur de certains, ceux qui n’en ont pas. Lors des événements tragiques, la saturation des images est très faibles et le bleu, voir le noir en sont présents. Ces couleurs sombres sont associées au malheur et dans ce contexte à la pauvreté, et donc à la salissure et la misère. Elles révèlent aussi le vrai visage sale de Paris. Souvent la pluie ou la nuit les accompagnes. Par exemple si un personnage perd quelque chose, ces couleurs font leur apparition. Ou encore, quand Lucien est à Paris, les couleurs sont chaudes (rouge, orange, jaune…), cela apporte un côté réconfort, et dès qu’il rentre à Angoulême, elles deviennent froides (bleu, gris, noir,…) ce qui donnent un côté d’insécurité.

Chaque personnages est dotés d’un défaut, un énorme, qui souvent lié à l’argent, et qui concerne la population en général. Cela en fait des personnes exécrables. Et comme dit le proverbe « C’est toujours les pires qui s’en vont leur derniers ». Les hommes autant que les femmes sont visés. Mais une n’est pas comme eux ; c’est Coralie. Elle n’a pas 20 ans et c’est déjà  une prostituée des Grands Boulevards. Il s’avère que c’est aussi une grande actrice. C’est une personnage vraiment touchant, puisque qu’elle a conscience qu’elle n’a ni identité, ni dote, ni honneur, et qu’elle ne sera jamais une grande femme. Elle pense même qu’elle ne mérite pas Lucien. Elle fait preuve d’honnêteté et de gentillesse contrairement aux autres femmes. Le monde qui l’entoure est si injuste avec elle. Elle est la seule à faire preuve d’humanité dans ce film.

Entre les décors, les costumes, les accessoires, les détails, tous haut en couleurs et en réalité et les jeux excellent des acteurs et les musiques incroyablement submergeante, pas étonnant que ce film reçoive autant de prix et de nominations. La critique a salué de tout son cœur ce film qui rend hommage à la beauté et au génie qu’est le cinéma ! Comment en dire du mal ? Tout est phénoménal et exceptionnel !

 

Clementine LELIZOUR 

Illusions perdues - Lorsque l’économie cynique se dissimule sous la magnifique façade de l’art qui sert d’arme.
Illusions perdues - Lorsque l’économie cynique se dissimule sous la magnifique façade de l’art qui sert d’arme.Illusions perdues - Lorsque l’économie cynique se dissimule sous la magnifique façade de l’art qui sert d’arme.
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