Un témoignage très émouvant qui pourrait être vraiment impactant si le film n’était pas si plat.
Vanessa, une jeune fille de treize ans fait la rencontre de Gabriel Matzneff, un écrivain quinquagénaire de renom. La jeune adolescente devient l'amante et la muse de cet homme célébré par le monde culturel et politique. Se perdant dans la relation, elle subit de plus en plus violemment l’emprise destructrice que ce prédateur exerce sur elle.
Le point fort de ce film est sans aucun doute l’interprétation du personnage de Gabriel Matzneff par Jean-Paul Rouve. Le témoignage prend tout son sens grâce à son jeu plus que dérangeant. Le récit se concentre sur le point de vue de la jeune fille. Malheureusement, la relation entre les deux personnages n’évolue pas clairement. Les dialogues deviennent de plus en plus crus mais on ne sent pas d’autre réel changement. Dès les premières scènes, on pourrait croire que l’adolescente est déjà sous l’emprise de Gabriel Matzneff. Cette linéarité de l’influence qu’a l’écrivain sur Vanessa est par ailleurs renforcée par une interprétation trop constante de Kim Higelin. Du début à la fin, l'actrice nous propose un mal être et une indécision qui l'efface et nous empêche de saisir pleinement l’ascendant qu’a ce prédateur sur elle. Les seules scènes où le jeu change et que l’on comprend vraiment l’évolution du personnage sont celles où l’adolescente est avec sa mère. En ces moments-là, Vanessa adopte une attitude provocatrice qui lui permet d’exprimer son ressenti via son désaccord. Cette figure parentale ainsi que les autres personnages secondaires n’ont d'ailleurs pas d’autre utilité que de servir l’histoire. Ils manquent de profondeur et leurs motivations ne sont pas toujours très claires. La mère est le cas le plus marquant de ce manque de développement. Bien que l’on nous présente ses amants et que l’on comprenne vaguement sa détresse émotionnelle, au long du film, elle est tantôt complètement hostile à la relation de sa fille avec l'écrivain, tantôt très encourageante. Ce changement d’avis radical intervient fréquemment sans réelle justification rendant ainsi le personnage totalement irréaliste.
Les plans sont très serrés, notamment pendant les scènes d’agression, renforçant le côté voyeur et malsain de l’auteur que transmet ce film. La caméra expose et parcourt le corps des personnages sans aucune pudeur à la manière dont Matzneff regarde la jeune fille. Un Shaky camera dû à un cadrage à main levé apporte un effet très nerveux à la narration. Ce choix accentue le mal être de l’adolescente et son égarement face à cette relation. Malheureusement ces deux effets sont utilisés sans aucune gradation. L’entièreté des scènes utilisent ces procédés sans les nuancer, les faisant ainsi disparaître. Le spectateur s’y habitue.
En conclusion, ce film est très touchant de par son témoignage mettant en valeur un phénomène malheureusement trop présent. Néanmoins, une uniformité excessive de la narration nous empêche de pleinement nous émouvoir face à la souffrance de cette jeune fille.
Nathan Lehuic 1°4
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