"Maintenant, souviens-toi de ceci. Quand l'horizon est en bas, c'est intéressant. Quand l'horizon est en haut, c'est intéressant. Quand l'horizon est au milieu, c'est mortellement chiant !"
À gauche, le véritable John Ford. À droite, le grand acteur David Lynch incarnant ce mythique réalisateur.
The Fabelmans
The Fabelmans est un film semi-biographique réalisé par Steven Spielberg en 2022. Il reprend sa propre jeunesse à travers cette famille américaine et juive de l’après-guerre. En 1952, Mitzi (Michelle Williams) et Burt (Paul Dano) emmènent leur fils, Sammy (Gabriel LaBelle) au cinéma pour la première fois. Et c’est précisément ici, que tout va commencer pour Sammy ; sa passion inconditionnelle pour le cinéma. C’est une porte vers un univers artistique incroyable et en plein essor, qu’il vient d’ouvrir. Mais en grandissant, il voit à travers ses yeux d’adolescent, qui sont ses principaux outils de captation et d’imagination, des choses qui vont petit à petit briser sa famille idéale. Elle déménage à plusieurs reprises en commençant par le New Jersey, l’Arizona, la Californie… À l’image des différentes périodes qu’une famille en séparation peut subir.
Dans ce film, les personnages principaux tels que la mère, Mitzi, le père Burt, et Sammy sont incroyablement représentatifs de la réalité :
- Mitzi est partagé entre ses envies personnelles, sa passion pour le piano, son désir de mener une vie trépidante et amusante (elle a l’âme d’une artiste.), et ses devoirs de mère ; elle se doit de protéger ses enfants du chagrin et de la peine. Elle refuse d’être « égoïste » mais cela la ronge au point qu’elle en vient à lever la main sur son fils.
- Burt agit comme un père et travaille pour que sa famille ne manque de rien. Il est silencieux par rapport aux autres, est plus passif et se contente juste de satisfaire ses enfants et sa femme, qu’il chérit plus que tout. Le monde artistique le dépasse, ce qui créer un fossé entre lui et son fils. Il veut simplement que tout aille bien et conserve ses problèmes au fond de lui.
- Sammy est déchiré entre le travail pour une vie simple et sûre, et sa passion pour une vie qu’il désire plus que tout. Il déteste sa mère parce qu’ils se ressemblent sur beaucoup de points ; ils font passer leurs besoins avant ceux des autres, ils ont l’esprit artistique, ne veulent vivre pour personne et ont peur du temps qui est à la fois court et interminable. Il déteste son père parce que ce sont des étrangers l’un pour l’autre, tout simplement parce qu’ils ne se comprennent pas. Ils n’arrivent pas à communiquer pour ne pas se décevoir. Malgré tout, ils les aiment. Avec sa mère, ils partagent la passion, et avec son père, ils partagent la détermination.
Ce sont des personnages extrêmement touchants qui ont leurs qualités comme leurs défauts, leurs bonnes et leurs mauvaises périodes, mais dans lequel chacun peut se retrouver.
La majorité du film est tournée autour de Sammy. Il y a très peu de moments où on est sait plus que lui. On le suit jusqu’à la fin durant sa quête et son épanouissement. C’est un journal intime qui pend vit ici. Ce sont souvent les couleurs qui retranscrivent ses émotions. Au début, des couleurs froides parce que c’est l’hiver qu’il a peur de cette nouvelle expérience qu’est le cinéma. Plus tard, nous sommes au New Jersey, les couleurs sont chaudes et lumineuses pour une ambiance chaleureuse et pleine de bonheur. Et ainsi de suite. Quand il emménage au nord de la Californie, un moment assez difficile et mouvementé, les couleurs sont ternes et inspirent la nostalgie des jours d’entant. Il perd goût à la vie et sa passion s’évapore pendant quelque temps. En d’autres termes, elles traduisent bien les hauts et les bas de sa vie.
En termes d’ambiance, le filtre du film nous replonge dans les années 80, les années brillantes d’Hollywood.
Pendant la période du divorce ou celle qui la précède, on ressent une tension perpétuelle dans la maison et une sorte d’obligation à choisir entre ses deux parents ; lequel est le gentil, lequel est le méchant ? Tout le film est construit sur des parallèles. Par exemple, les scènes où ils sont tous à table, Mitzi et Burt sont assis à l’opposé, comme deux camps antagonistes qui s’affrontent ; les artistes contre les scientifiques.
Autres parallèles, la réalité est entremêlée avec des scènes « clichées » des teenages movies. Sammy n’est pas extraordinaire ; il est petit, mince, pas sportif… Contrairement aux autres élèves. Il n’entreprend pas de relation romanesque, ni d’amitié éternelle. C’est u garçon commun, ayant pour seul trait atypique ; sa passion pour le cinéma qui est en plein développement à Hollywood. Il va à l’école, rentre chez lui, affronte les mensonges de sa famille, le divorce… Et essaye coûte que coûte de faire vivre sa passion. Il affronte la vie de part du fait qu’il est juif. Ce sont des scènes tirés du vécu de Steven Spielberg auquel Gabriel LaBelle partagent également ce qui rajoute du réalisme à ce personnage. Puis il y a des scènes plus romancées, comme celle où Sammy est au bal de sa classe de l’année 1964. Elle ressemble à celle dans un autre des films de Spielberg : Retour vers le futur.
La temporalité est très bien gérée à travers les décors. On commence dans les années 50, dans une petite rue modeste de l’après-guerre, puis plus on avance dans les années, jusqu’en 1965, on voit l’évolution des styles vestimentaires, des voitures, du style des maisons, des rues, des étudiants, du temps en foncions des états d’Amérique… La mise en scène est incroyable ! Les décors sont sublimes et nous plonge dans une nostalgie de ces belles années. C’était le « American Dream ».
Pour les passionnés de cinéma, c’est un film qui touche directement le cœur et la passion. Il est frappant, et surtout renferme des éléments authentiques du cinéma des années 60 ; les premiers appareils, les premières tables de montages, des techniques d’effets spéciaux, l’ingéniosité de l’époque, l’imagination d’avant… Une véritable encyclopédie de cinéma !
Mais il parle également aux familles en général. Chacun peut s’y retrouver et prendre conscience à travers cette famille, les Fabelmans.
En définitive, ça a été la plus belle découverte de cette année pour moi. Il a été difficile de rester insensible face à ce film. Ça a été une expérience magique dont je donnerais n’importe quoi pour le redécouvrir à l’infini. Il est difficile pour moi d’être rationnel face à une œuvre de Steve Spielberg, mais honnêtement, je n’ai aucune critique négative à faire ce film. Tout m’a plus. Absolument tout.
Clémentine Lelizour T04
Une des scÚnes les plus marquantes quand on a le cinéma dans le sang...
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