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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Blade Runner 2049

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 19 Novembre 2017, 21:43pm

Catégories : #Science-Fiction, #Thriller

Blade Runner 2049

Près de 35 ans après, le nouveau Blade Runner sort sur nos écrans et il pourrait se résumer en un seul mot : grandiose. Mais comment prolonger l’univers de Blade Runner tout en implémentant sa propre conception ? Denis Villeneuve avait ainsi une grosse pression sur les épaules.

 

Beaucoup influencé dans son adolescence par le long-métrage de Ridley Scott, le réalisateur canadien Denis Villeneuve a réalisé, avec ce nouveau long-métrage de presque trois heures, son rêve d’enfant.

 

En 2049, la société a évolué : une nouvelle multinationale dénommée la Wallace Corporation est dirigée par une sorte de démiurge incarné par Jared Leto. La société créée donc de nouveaux « réplicants », les anciens humanoïdes étant jugés trop dangereux. Chargé de les pourchasser et de les éliminer, l’officier K (Ryan Gosling) est un « blade runner ». Pour connaître la suite, rendez-vous en salles…

 

Pour commencer, la splendeur visuelle et technique qu’offre Denis Villeneuve est tout bonnement singulière. Le canadien réalise ici une performance hors du commun, réussissant le pari de tourner un film intimiste tout en offrant un visuel à couper le souffle. En effet, Blade Runner 2049 a peut-être des apparences de blockbuster, mais il n’en est pas un. Au contraire, Villeneuve favorise ici la profondeur de champ et le plan-séquence, donnant le temps à chaque plan de « respirer ». Chaque décor est majestueux, et un véritable travail a été opéré sur les couleurs : du orange des sables pour Las Vegas en passant par le gris terne de Los Angeles, Villeneuve nous dévoile ici un univers dystopique, rappelant le tout premier Blade Runner de Ridley Scott. En effet, l’auteur de ce long-métrage nous introduit dans le monde futuriste de Los Angeles : blafard, grisâtre, froid, entouré de pollution et de pluie, où chaque habitant se laisse vivre, tels des robots sans âme.

A l’image de Premier Contact, Denis Villeneuve a fait le choix d’une image sobre, rendant les scènes particulièrement grandioses, comme on pourrait le voir dans les films de Nolan (Inception, Interstellar).

Pour ceux qui l’ont vu, en 1982, le film se terminait sur une grande interrogation : Deckard, le chasseur de réplicants incarné par Harrison Ford est-il un répliquant ?  Le Blade Runner de 2017 se charge aujourd’hui d’apporter une réponse à cette question, en plus de donner de nouvelles précisions sur des sujets qui étaient restés jusqu’alors flous.

 

Dans le rôle principal, Ryan Gosling interprète l’officier K. Joué à merveille et avec puissance, Gosling nous dévoile ici un personnage mort intérieurement, terne, comme la ville dans laquelle il réside. Renfermé et sans âme, l’acteur de Drive apporte ici une dimension intime à son personnage, tiraillé entre sa véritable vocation intérieure, à chercher qui il est vraiment, une sorte d’anti-héros. L’agent K vit également avec un hologramme prénommé Joi (incarné par Ana de Armas). K partage sa vie avec Joi une histoire d’amour un peu burlesque, insolite à laquelle on peut ne pas s’attendre. Mais c’est cette passion amoureuse artificielle qui en fait sa beauté. Quant à Harrison Ford, il se fait désirer et arrive malheureusement dans la toute dernière partie du film, à travers un décor époustouflant. Jouant très bien comme à son habitude, Ford n’a rien perdu de sa vivacité. On notera d’ailleurs la merveilleuse scène de combat entre Ryan Gosling et Harrison Ford au milieu d'un spectacle holographique déréglé, qui fait de leur rencontre un ballet endiablé.

Au niveau de la musique, Hans Zimmer et Benjamin Wallfish n’arrivent pas au chevet de Vangelis (précédent opus), mais réalisent une bonne musique qui s’intègre bien aux scènes.

 

Enfin, le seul défaut que l’on pourrait reprocher à Blade Runner 2049 en fait également sa force : il y a peu d’action et les deux heures et quarante-trois minutes peuvent paraitre longues pour certains. Mais cette longueur est également un avantage, rendant le long-métrage intimiste, avec une pointe de mélancolie.

 

C’est donc un pari réussi pour le réalisateur Denis Villeneuve, qui a su perpétrer l’univers de Blade Runner tout en développant sa propre vision de cette saga. J’invite tous les cinéphiles à se rendre en salles pour le voir, même si vous n’avez pas vu le précédent opus.

 

Critique réalisée par Armand Paris.

Bande-annonce de Blade Runner 2049

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