11’09’’01-September 11/Court-métrage de Claude Lelouch
On a tous nos petits problèmes personnels. Parfois, on pense même que le monde tourne autour de nous et que plus rien ne compte. C’est la vision de Claude Lelouch des attentats du 11 septembre 2001.
Lui et 10 autres réalisateurs du monde entier ont créé un court-métrage de 11 minutes, 9 secondes et 1 image, qui forme la date du 11/09/2001. L’idée d’Alain Brigand était que chacun montre sa vision des ces attaques. Claude Lelouch a réaliser un film presque silencieux où une femme sourde et photographe, très bien interprétée par Emmanuelle Laborit, vit à Manhattan avec son mari. Ils vivent une relation compliquée et elle fini par lui dire « Quand c’est la fin d’un couple, c’est la fin du monde ». Sans y prêter aucune attention, il sort et elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a sur le cœur dans son ordinateur. On voit toute une scène où la télé est allumée avec les images des Tours Jumelles qui s’effondrent à gauche pendant qu’elle écrit assise sur la table à manger à droite en recul par rapport à la télé. Étant donné qu’elle est sourde, elle n’a pu à aucun moment entendre ce qui se passait. Ce n’est qu’au moment où son mari rentre, plein de poussière, qu’elle le comprend.
L’idée est que nos problèmes ne réduisent pas le monde à néant. La surdité de la femme représente le fait qu’on se préoccupe que de nos problèmes à nous et que les autres ne nous intéresse pas. « Le monde c’est moi ». D’où la scène avec la télé et l’ordinateur. Ce moment est vraiment intense parce qu’on a envie de dire à cette femme de regarder ce qui se passe en ce moment et qu’elle est là, la vrai misère. Il nous montre parfaitement où voulait en venir Claude Lelouch. Elle habite à côté du drame et pourtant elle est probablement la dernière au courant puisque ce jour là, tout le monde faisait la même chose, regardait impuissant. Et puis elle vient juste d’avoir une querelle avec son mari et elle est convaincu que sa vie est fini alors qu’elle vient tout juste de commencer. Ce jour là, pour certains la vie était réellement terminée.
La relation entre les personnages se comprend très vite. La première partie du film, la connaissance, la seconde, l’amour, et la dernière, la dispute suivi tout juste d’une réconciliation. Même si les toutes premières scènes sont un retour en arrière, on se retrouve de suite dans l’ordre chronologique de l’histoire. Elle se déroule toujours au même endroit, dans ce qu’on peut supposer être leur appartement, ce qui donne un aspect simple car on n’a pas besoins de se demander à chaque fois où se déroule l’action. La présence de lumière est plutôt rare car les images ont une teinte sombre, la palette est composée de beaucoup de couleur fades, et même presque triste en relation avec cet horrible événement qui ne nous inspire pas des couleurs. Comme la femme est sourde, le film est sans musique avec quelques bruitages étouffés ce qui nous donnent l’impression d’être dans la tête de la femme. L’absence de son rend l’atmosphère un peu stressante puisqu’on n’entend pas ce qui ce passe autour d’elle, les personnes qui s’agitent dehors par exemple.
Peut-être que certains auront des choses négatives à dire mais en attendant, l’idée que le monde ne tourne pas autour de nous ou que nos problèmes ne sont pas la destruction de monde est très bien réussi. L’histoire et les personnages sont simples et compréhensibles dès le départ. Très peu de gens écrivaient des lettres de ruptures à leur proche mais plutôt des messages d’amour à la dernière minutes au téléphone ou ils regardaient la télé.
Cloé.LELIZOUR