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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Lion

Publié par Candice Couvé sur 30 Avril 2017, 11:47am

Lion est un film de Garth Davis adapté du récit autobiographique de Saroo Brierley. Ce film est sorti le 22 février 2017 et nous montre comment Saroo, à l’âge de 5 ans, va se débrouiller seul dans une très grande ville indienne nommée Calcutta. En effet, ce dernier va être emmené à des kilomètres de sa famille et de son village, d’une extrême pauvreté. Nous allons donc suivre le parcours de ce jeune garçon déjà doté d’un grand courage et sang froid. Saroo finit par être adopté par une famille australienne qui lui offre tout l’amour qu’il n’avait plus connu lors de ces longues années sans sa famille. Il apprend l’anglais et réintègre une toute nouvelle culture. Une fois adulte, Saroo décide de se repencher sur ses origines et va donc tenter de retrouver son village et sa famille qu’il avait laissée il y a de bien longues années. 

 

Les premiers temps du film sont déjà incroyables et annoncent la couleur de ce dernier. Nous pouvons voir des paysages à couper le souffle qui nous dévoilent déjà l’application esthétique voulue par Garth Davis. Le réalisateur ne nous fait jamais tomber dans un récit « tire-larmes »; chaque plan à son importance et tout est amené avec finesse et un enchainement d’images incroyables. Ce film est, de plus, un chef d’oeuvre, notamment dû au jeu d’acteur très maitrisé par Dev Patel (Saroo adulte) et encore plus incroyable concernant le jeune Saroo.
Concernant Dev Patel, soit l’acteur anglo-indien que l’on retrouve dans Slumdog Millionaire, c'est un personnage incroyable, avec beaucoup de charisme. Un acteur qui sait nous transmettre ses émotions sans les chercher au fond de nous. Notamment lors de la scène des retrouvailles; une scène incroyable avec de l'amour, de la joie, des larmes et toutes ces émotions sont maitrisées, confondues à la perfection et amenées d’une si belle manière. Lorsque le petit Saroo arrive dans cette ville gigantesque, nous nous y retrouvons également. Les choix de cadrage nous montrent l’étendue de cette ville, notamment lorsqu’il sort du train et qu’il est oppressé dans cette foule interminable. On se sent petit et en insécurité. Les rues de Calcutta que l’on peut voir dans ce film ne sont que le reflet de cette vie réelle qu’endurent ses habitants et en particulier ces enfants. On suit Saroo qui marche au bord de la misère, de la saleté, et qui court pour échapper aux trafiquants d’enfants et toute autre violence. On prend peine à voir ces enfants dans la rue, qui tentent d’être tranquilles et qui se font tirer par les pieds pour être utilisés comme des objets par la suite. Ainsi on compatit avec toutes ces familles qui ne retrouvent plus leurs fils/filles et on ne peut que se mettre à la place de ces derniers. Les scènes sont parfois très dures mais elles le sont car elles sont véritables. Ce film est en fait un miroir de ce que vivent tous ces indiens.  L’Inde est une puissance émergente mais une puissance qui se retrouve incapable de contrôler ces violences et toutes ces autres choses qui nous semblent impensables, improbables. C’est un film qui nous engage à réfléchir sur notre vie et nos conditions d’existence plus particulièrement. Il nous fait prendre conscience de la chance que l’on a d’être né ici.

 

Cependant, c’est un film rempli d’espoir. En effet, lorsque Saroo est adopté par cette famille australienne, le film bascule et nous montre un tout autre décor: une famille compréhensive, attachante. Une famille qui montre à tous ces enfants sans parents qu’il faut continuer d’y croire. Saroo grandit donc en apprenant une toute nouvelle culture, une nouvelle langue: l’anglais. Il grandit auprès de sa deuxième famille qui l’aime comme si Saroo avait toujours été présent. Une fois de plus, ce qui est incroyable, ce sont les échanges entre les personnages et toutes ces paroles que l’on retient, nous, spectateurs et qui nous marquent. Celle qui m’a touchée, c’est lorsque la mère adoptive de Saroo, lui dit que, si elle l’avait adopté lui et son frère adoptif, Mantosh, c’était pas parce qu’elle ne pouvait pas ne pas avoir d’enfant, mais parce qu’elle voulait Saroo et Mantosh. A travers cet échange, cette mère, jouée par Nicole Kidman, nous fait comprendre qu’il y a bien trop d’enfants seuls, vivant dans des conditions abominables et qui méritent de connaitre le bonheur. C’est pourquoi elle voulait adopter.
Alors que Saroo grandit au sein de cette famille, il finit par être déterminé sur la volonté de retrouver sa vraie famille, celle avec qui il était très proche avant son départ imprévu. Pendant des jours et des nuits de recherches à l’aide de google map et du soutien de sa copine, il repère chaque détail dont il se souvient. Notamment des bribes de lieux qu’il se rappelait avoir parcouru avec son frère, sa mère et sa soeur. Pendant ces recherches, apparaissent des images de son enfance avec son frère, des images très fortes. Ces dernières nous montrent cette complicité qu’il entretenait avec lui et ce manque qu’il ressent après toutes ces années. La fin de ce film est encore une fois une grande vague d’espoir pour nous, téléspectateur. Une fin incroyablement belle qui enchaine d’ailleurs avec les vraies images de l’histoire vécue par Saroo Brierley. 

 

    J’ai rarement été autant touchée et émerveillée par un film. Je ne sais si cela vient de la similitude avec le réel, ou des plans époustouflants utilisés pour nous raconter cette histoire. Tout est incroyablement beau, incroyablement bien maitrisé, autant de la part des acteurs que de la part du réalisateur et tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce film. Si j’ai l’occasion de le revoir, j’y retournerai sans réfléchir et, si je peux me permettre de donner ne serait-ce qu’un conseil, courez le voir, car c’est un film qui mérite d’être vu et connu. 

 

Candice Couvé 

Lion
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