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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Une Belle Fin

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 27 Mai 2015, 18:10pm

Une Belle Fin

« J’aime mon travail ». Telle est la phrase d’un homme qui a choisi de consacrer sa vie aux passés des autres plutôt qu’à son propre présent.

Réalisé par Uberto PASOLINI, Une belle fin (titre original Still Life) est sorti le 15 Avril 2015.

Histoire d’un homme qui passe sa vie à rechercher les proches de personnes décédées, ce film nous projette dans son choix de vie, son choix de se vouer à l’enterrement des autres plutôt qu’à son propre plaisir de vivre. Même si, finalement, l’histoire nous montre que les deux ne font peut-être qu’un. Mr May est presque seul personnage dans ce film. Les dialogues sont donc très peu nombreux et ce sont les images qui racontent.

Tout est tourné pour exprimer, de manière tout à fait réussie, l’univers de cet homme, monotone et sans rebondissements . En effet, l’enchaînement de longs plans fixes donne un rythme très lent. Alignés les uns après les autres, leur but n’est pas de relancer l’action. Ici, la répétition est présente et essentielle. A travers elle, on parle directement du quotidien de cet homme. On la retrouve dans l’histoire même : la pomme que Mr May épluche tous les jours, sa boîte de thon qui constitue son unique repas ou les vêtements qui sèchent chez tous ses « clients », comme si tous, malgré leur histoire différente, se ressemblaient. Mais Pasolini joue également sur cette redite grâce à la structure de son film : les mêmes scènes reviennent à intervalles réguliers, avec un point de vue identique. Elles sont prévisibles tout autant que l’est la vie de Mr May, accentuant ainsi l’absence d’évènements déclencheurs, perturbateurs. La musique vient renforcer ce poids dont il ne peut se défaire. Toujours la même, elle apparaît régulièrement pour rappeler que dans son choix de vie rien ne peut évoluer.

Le bémol de ce film est d’ailleurs ici : si l’on n’est pas naturellement touché, sensible à la vie de cet homme, le manque de rythme nous laisse facilement tomber dans l’ennui. Une prise de risque qui ne satisfait qu’une partie du public. Les amateurs d’actions resteront sur leur faim mais pour ceux qui aiment les œuvres plus contemplatives, allez-y !

Souvent face à nous, Mr May arrive à nous faire réfléchir sur lui. Le spectateur cherche à comprendre la décision de ce personnage. Est-il malheureux ou trouve-t-il un vrai sens dans ce métier ? Cette volonté de sacrifier sa vie au profit de celles des autres apparaît au fil du film comme fausse. Cet homme aime son métier qui est d’ailleurs devenu toute son histoire. On le voit assis derrière son bureau comme on le voit assis derrière sa table de salon. Son quotidien est consacré à son travail. Il nous amène alors à chercher le sens de cette vie. Pourquoi choisir de vivre pour les défunts ? L’idée est difficilement compréhensible pour certains mais le réalisateur nous pousse ici à respecter cet homme, à éprouver de la compassion à son égard. Effectivement, il a lui-même un respect absolu pour les morts et trouve un réel sens à sa vie en leur donnant un peu de dignité, en leur rendant un dernier hommage. Pas sûr que ce soit le choix de tous.

Une belle fin est, malgré son côté très lent (trop pour certains mais qui accroche d’autres), un film qui représente à merveille la vie de cet homme. Très bien réalisé, il nous laisse réfléchir au sens que chacun choisit de donner à sa propre histoire.

Carla Bouclier

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